Parolière renommée aux succès populaires et récompensée d’une Victoire de la musique en 2015, Marie Bastide présente son premier album intitulé L’enchanteuse. Un opus de dix chansons qui font vibrer la lumière dans les failles profondes de l’intime, du trauma, du tabou et du non-dit. A travers ce premier album, Marie Bastide nous offre un voyage alchimique complet qui change le plomb en or et les fêlures en poésie et nous propose une psychanalyse entière en chansons. La chanteuse et parolière s’est confiée à Culture & Passions.

Culture et Passions : Comment est née ce projet d’album
Marie Bastide : Ce projet est né il y a un petit bout de temps, environ sept ans. Après avoir écrit pendant plusieurs années pour les autres artistes, j’ai eu envie de prolonger mon geste d’écriture pour moi. C’était un besoin et une quête identitaire de me dire qui je suis et qu’est-ce que j’ai à dire ? Pourquoi j’écris des chansons et pourquoi je ne les chanterais pas moi-même ? Tout s’est fait petit-à-petit. J’ai d’abord écrit des textes, ensuite j’ai demandé à des compositeurs avec qui j’ai la chance de travailler, de faire des musiques. J’ai demandé à Julien Clerc, à Calogero, à Carla Bruni que je connaissais un peu, à Florent Marchet, au frère de Calogero qui s’appelle Gioacchino Maurici et qui est un grand compositeur de chanson française. J’ai sollicité des artistes un peu moins connus comme Feed et David Darricarrère. Pendant plusieurs mois et plusieurs années, on a travaillé à construire des chansons. On en a réuni dix. J’ai la sensation d’être arrivée à terme, le bébé est prêt.
Ce titre « L’enchanteuse » est-il un jeu de mots ?
C’est vrai que ce mot a un double sens : il y a le fait de chanter et d’être enchantée. Plus jeune, j’aimais beaucoup le roman L’enchanteur de René Barjavel. J’adore l’univers des contes, de tout ce qui est un peu alchimique et les histoires qui ont plusieurs sens. Et comme dans mon album, on retrouve cette idée de réparation et de féminin qui répare, je trouvais que c’était beau cette image de l’enchanteuse. J’ai toujours cette vision de quelqu’un qu’on vient voir au fond d’une forêt, qui vous chante des chansons, qui vous raconte des histoires, qui vous parle et qui vous donne des clés, des petites choses pour vous apaiser, vous faire du bien.
Quels sont les sujets ou les thèmes qui vous tenaient à cœur pour cet album ?
J’y traite des sujets assez intimes. Je parle de la réalisation de soi dans la chanson Ma belle. Je parle du fait de ne pas écouter toutes les petites voix qui nous sabotent comme les voix intérieures ou extérieures. Quand on est une femme, il faut se donner le droit et la puissance de faire ce que l’on veut. Ça marche aussi pour les hommes. On y retrouve des thèmes comme l’amour, la dépendance affective mais aussi le plaisir des femmes, l’égalité pour tout le monde. Il y a aussi une chanson, Le Petit Oiseau, qui parle d’une grossesse qui s’arrête, une chanson qui parle de soigner ses racines, de comment on accepte de vieillir…
Cette chanson Le Petit Oiseau fait d’ailleurs écho à l’IVG…
Exactement. Une grossesse qui s’arrête, c’est quelque chose de voulu ou pas. Ce sont souvent des choses dont on ne parle pas, c’est tabou. Ce n’est pas une chanson uniquement pour les femmes, c’est aussi une chanson pour les hommes, notamment la manière dont ils vivent cette grossesse arrêtée. Il y a une sorte de perte, de deuil et c’est bien de mettre des mots sur ça.
Vous l’aviez évoqué précédemment, certaines chansons ont été composées par Calogero, Julien Clerc, Florent Marchet et Carla Bruni. Qu’ont-ils apporté de particulier à l’album ?
De superbes mélodies ! Pour moi la chanson, c’est vraiment une mélodie. Quelque chose qui reste dans la tête mais quand on a écouté la chanson qu’une fois. Et ce qu’ils ont apporté, c’est vraiment extraordinaire.
L’un des titres de l’album à avoir été dévoilé en premier, notamment en clip, c’est Bleu. Comment a-t-il été reçu ?
J’ai eu de très bons retours. C’est d’ailleurs une chanson qui parle du lien à la mère qui, parfois, peut être un peu difficile. Moi j’appelle ça le mal de mère. J’avais envie de faire un clip en forme de dessin animé où je montre ma maison d’enfance. Je voulais que ça ressemble à un conte. Je suis assez contente du résultat. Dans le clip, j’ai aussi fait un clin d’œil à la fermeture des programmes d’Antenne 2 (actuellement France 2) dans les années 1980. Il y avait une image avec des dessins de Folon avec des oiseaux qui s’envolaient et c’était hyper mélancolique, très poétique.
Si vous deviez définir cet album en quelques adjectifs, que diriez-vous ?
Je dirais que c’est un album bienfaisant, lumineux et intime. L’idée de l’album c’est aussi de faire entrer la lumière et l’amour. C’est la lumière à tous les étages.
Vous avez donné un showcase privé à l’hôtel Maison Elle le jeudi 28 mars dernier. Avez-vous déjà prévu des dates de concert ?
Pour l’instant, il n’y a pas de concert de prévu. C’est en tout cas mon prochain chantier. J’ai vraiment envie de pouvoir faire de la scène, dans de bonnes conditions pour cet album. Je cherche surtout des lieux intimes qui puissent correspondre à cet univers d’enchanteuse. Pour l’instant, je suis à la recherche de lieux mais j’espère faire plusieurs concerts assez rapidement.
Photos : Melody Melamed.
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