Ayiiti, la sensation urbaine caribéenne

Ayiiti est une jeune artiste franco-haïtienne au parcours déjà riche. La chanteuse a récemment sorti ses deux nouveaux singles Cœur Kaboom et Piiment qui figureront dans son prochain EP prévu cet été. Culture & Passions l’a rencontrée à Paris dans le 6e arrondissement. Portrait.

Direction le 6e arrondissement de Paris et plus précisément le Café Hibou situé au 16e Carrefour de l’Odéon pour rencontrer la charmante et sympathique Ayiiti, toute décontractée. Visiblement de bonne humeur et confortablement installée, elle en profite pour siroter un verre de coca. Cette rencontre est l’occasion de revenir sur le parcours déjà riche de la chanteuse mais toutefois fait de hauts et de bas.

Chanteuse française d’origine haïtienne et chilienne, Ayiiti voit le jour à Paris mais grandit en Haïti. C’est là qu’elle vit ses premiers contacts avec la musique. « Petite, mon père me chantait des berceuses pour m’endormir, raconte-t-elle. Il m’a vraiment transmis sa culture musicale dans le sens où il chantait du Jacques Brel, des chants traditionnels haïtiens… C’étaient mes premiers contacts avec la musique. J’aimais aussi chanter dans ma chambre, je faisais des petits spectacles avec ma brosse à cheveux. On m’a aussi offert des albums de Shakira et de Beyoncé que j’ai écoutés en boucle. J’écoutais aussi du Britney Spears, Lorie, Avril Lavigne, Black Eyed Peas… Je devais avoir 7, 8 ans. »

C’est en 2015 qu’Ayiiti se lance véritablement dans l’aventure musicale avec son premier EP intitulé Schizo. La jeune femme y est allée avec audace : « Schizo, c’était vraiment une exploration parce que je venais de commencer dans la musique. Faut savoir que dans ma famille, personne n’est musicien. Certes mon père adore la musique, sa grand-mère jouait du piano mais personne n’est musicien professionnel. J’étais un peu la bête noire (Rires). Ce premier EP m’a permis de me tester et de voir ce que j’aime faire. » Le nom de EP n’est d’ailleurs pas anodin car il renvoie à sa triple culture : française, haïtienne et chilienne, son « petit bordel » : « Je suis née à Paris, j’ai grandi en Haïti. Quand je suis en France, je parle comme une française mais quand je parle avec mes amis haïtiens, mon accent ressort un petit peu. J’ai voulu allier le côté schizophrène de ma vie. C’est aussi cette chance d’avoir grandi dans différentes cultures. J’arrive toujours à m’adapter. » Un an après, Ayiiti sort un second EP intitulé No Heart Break. Un projet beaucoup plus intime. « A l’époque, je n’avais pas encore trouvé mon genre musical mais j’avais abordé des thèmes beaucoup plus personnels. Le titre No Heart Break faisait écho à ma rupture amoureuse. »

Un premier album RêvelHaitian en 2018

Fidèle à son pays de cœur, Ayiiti le prouve en 2018 lorsqu’elle sort RêvelHaitian, son premier album. Cet opus lui permet de conquérir un public plus large en Haïti où elle y reste durant la période 2016-2019. « J’étais basée à Miami et j’avais fait quelques sons en Haïti où je suis retournée vivre en 2016. J’ai utilisé des sonorités haïtiennes que j’ai rendues plus modernes. J’avais fait un titre Voodoo You Do qui avait très bien marché au point que même le douanier m’avait reconnue ! J’avais fait une autre chanson, Zeptima, où j’avais fait un medley de comptines enfantines », résume-t-elle. La chanteuse avait aussi sorti un titre Manman dans lequel elle évoquait la situation politique en Haïti. La chanteuse en est même émue : « Il y a dénormes tensions politiques, sociales et économiques. J’ai écrit cette chanson parce que je ressentais une grande colère. Je voulais qu’on réalise qu’Haïti est ma mère patrie. Je revendiquais le fait que nous sommes des frères et sœurs et qu’il faut qu’on s’aime, qu’on s’entraide », exprime-t-elle.

Une nouvelle aventure musicale en France pour Ayiiti

Après cette aventure haïtienne, Ayiiti est bien déterminée à se faire une place dans le paysage musical français. En 2020, la jeune femme arrive en France mais, pandémie de Covid-19 et confinements obliges, elle se sent un peu perdue : « Je venais d’arriver d’Haïti. Il faisait nuit tôt, il faisait froid. J’étais toute seule chez moi à Paris », raconte-t-elle. Mais cela ne l’empêche pas de rencontrer une certaine Nina avec laquelle elle enregistre sa première session studio : « Elle m’a demandé ce que ça me faisait de me retrouver dans cette situation. J’ai répondu le truc le plus bête : ‘Ca fait « boom » !' » Et elle m’a dit : ‘Voilà, tu as ta chanson' ». C’est ainsi que naît le titre Coeur Kaboom, une chanson dans laquelle Ayiiti s’exprime sans filtre. Une véritable libération pour elle : « Je ne me suis pas préoccupée de savoir ce qu’allaient penser les gens, j’ai juste voulu écrire ce que j’avais à dire.

Toutefois, l’aventure musicale en France n’est pas de tout repos pour Ayiiti. Son titre Cœur Kaboom ne voit pas le jour en single et peu convaincue par le chemin artistique que lui suggère son équipe, la jeune artiste décide de repartir de zéro. « L’année dernière, j’ai rompu les liens avec les équipes qui voulaient me former. J’ai ensuite rencontré Benjamin Guyot avec qui j’ai formé une nouvelle équipe plus saine, bienveillante et dans laquelle je me sens plus en confiance. » C’est avec cette nouvelle équipe que sa chanson Cœur Kaboom connaît une seconde vie en janvier dernier : « J’avais enregistré une quarantaine de titres en France et c’est celle-ci qui est le plus ressortie. J’ai voulu la mettre en avant parce qu’elle plantait le décor de mon parcours. Je me suis sentie à nouveau libérée. Je suis très contente de l’avoir sortie. » Le clip a dépassé les 17 000 vues sur YouTube.

C’est avec cette même équipe qu’Ayiiti ressuscite une autre chanson intitulée Piiment et dans laquelle elle rend hommage aux femmes haïtiennes et caribéennes. « Cette chanson s’est faite spontanément, explique-t-elle. Elle était trop internationale pour mon ancienne équipe. Mais ma nouvelle équipe a validé ce titre. On l’a terminé ensemble et on l’a sorti. On a fait la maquette avec un ami à moi qui s’appelle Yohann Doré. Il est basé au Canada. On l’a ensuite retravaillée avec El Speaker [réalisateur de Mimaa] qui a apporté une bonne touche de fraîcheur. Je suis très fière du travail qu’on a fait.« 

Récemment, Ayiiti a dévoilé son nouveau titre Toi mon toit, une reprise de la célèbre chanson des années 80 chantée par Elli Medeiros. Le clip vient d’être dévoilé.

Ayiiti aura l’occasion d’interpréter quelques-uns de ses titres lors d’un concert au Be-Jazzy à Paris ce jeudi 27 juin. Elle partagera la scène la scène en compagnie d’autres artistes comme Mac Hartley, Diana Kelly et Mad Gyal !

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