Marine Thibault : « Je n’avais pas du tout prévu de faire un album »

Née dans le mythique studio d’enregistrement Le Château d’Hérouville dont son père, Laurent Thibault était le gérant et l’ingénieur du son et dont sa mère, Jacqueline Thibault, était compositrice et pionnière en musique électronique, Marine Thibault a commencé à jouer du piano dès l’âge de 4 ans. Flûtiste et multi-instrumentiste, elle a joué dans le monde entier et sur les scènes les plus prestigieuses aux côtés de Wax Tailor qu’elle accompagne depuis 2007.

Marine Thibault dévoile son premier album intitulé Sublimer. Un projet de 13 titres dans lequel elle questionne les valeurs de notre société, la bienveillance et les violences sexuelles et sexistes. Culture & Passions l’a rencontrée au Studio Luna Rossa du 13e arrondissement de Paris.

Culture & Passions : Tu as commencé à écrire des chansons très jeune. Tu as commencé à jouer du piano à 4 ans. Tes parents travaillent dans le milieu de la musique. Est-ce que très jeune, tu aspirais déjà à une carrière d’artiste ?

Marine Thibault : Je suis effectivement née dans la musique mais ça ne m’a pas du tout donné envie d’être musicienne. Je trouvais que c’était un milieu avec des gens très égocentriques, qui n’étaient pas toujours en prise avec la réalité, qui se prenaient pour ce qu’ils n’étaient pas. Je trouvais aussi que c’était un milieu sexiste. Ma mère était musicienne et ce que subissaient les femmes était très violent. J’ai voulu tenter une carrière de journaliste mais finalement, ça n’a pas fonctionné. Puis, je me suis retrouvée DJ dans des bars de nuit et de fil en aiguille, je suis devenue musicienne professionnelle mais sans ambition. C’est toujours le cas aujourd’hui. Je fais vraiment de la musique parce que j’aime faire ça, j’adore en jouer. J’adore composer, écrire et mettre des mots sur les musiques. Autrement dit, faire passer des messages. Ce que je ne faisais pas avant.

Tu as collaboré aux côtés de Wax Tailor, Alpha Blondy et aussi pour les projets Cat’s Eyes et Lia Moon. Quel(s) souvenir(s) tu en gardes ?

J’ai commencé à faire des grosses tournées avec Wax Tailor. On a voyagé dans le monde entier, c’était une opportunité exceptionnelle. C’était avant le Covid-19. On pouvait aller dans des pays extraordinaires. On a pu jouer dans des scènes fabuleuses sur toute l’Europe. C’est une expérience qui m’a énormément enrichie. Musicalement, Wax Tailor est quelqu’un de très méticuleux qui a une véritable vision dans ce qu’il fait. J’aime énormément travailler avec lui. C’est simple et fluide. L’expérience avec Alpha Blondy a été géniale aussi parce que j’adore le reggae. Je l’ai découvert grâce au titre Jérusalem qu’on avait même joué ensemble à l’Olympia. J’ai aussi fait pas mal de concerts avec David Walters avec lequel j’ai fait de la musique afro-caribéenne. Parallèlement à ça, j’ai eu mon projet DJ qui m’a permis d’expérimenter tout un tas de styles musicaux sur lesquels j’improvise avec mes instruments.

Ton premier album Sublimer voit le jour ce vendredi 19 avril. Quel effet ça te fait ?

C’est un petit peu comme si je dévoilais un journal intime. Ce qui est très touchant aussi c’est de voir comment les gens réagissent à mes chansons notamment quand ils me disent que ça leur parle, qu’ils écoutent les chansons en boucle, que ça leur fait du bien, que ça les fait voyager, que les textes leur parlent par rapport à leur vie personnelle ou des obstacles qu’ils ont pu traverser. C’est chouette.

Je crois qu’à la base, il s’agit d’une lettre que tu as envoyée à un ami et qui n’est jamais partie…

Oui absolument. Je n’avais pas du tout prévu de faire un album et encore moins un album de chansons parce que je suis timide. J’avais écrit une lettre parce que j’étais très triste suite à un problème avec une personne. Je me suis demandée ce que j’allais en faire de cette lettre et ça s’est transformé en chansons que j’ai sublimées.

Pourquoi « Sublimer » ?

A travers cet album, j’ai voulu sublimer des douleurs, un chagrin, des violences, un manque de communication, sublimer une relation toxique et transformer quelque chose de l’or noir en or pur.

C’est un album dans lequel tu évoques les violences sexuelles et sexistes. En quoi ça t’a inspiré pour l’écriture des chansons ?

Ces violences-là, on en a tous été témoins au moins une fois dans notre vie. On a tous vécu des choses très difficiles aussi à un moment donné. Que ce soit dans la famille, parfois même avec des amis ou dans le monde du travail qui peut être redoutable, la violence est partout. On le voit aussi dans l’actualité y compris à l’échelle internationale. Il y a beaucoup de progrès à faire dans l’humanité.

Quelques clips tels que « Narcissique » et « Fallait pas » avaient été dévoilés avant la sortie de l’album. Quels ont été les retours ?

« Fallait pas », c’était très drôle parce que ça passe ou ça casse. Certains n’ont pas accroché à ce titre en raison de son allure agressif et d’autres qui m’ont dit qu’ils l’écoutaient en boucle dans leur voiture. Sur « Narcissique », je suis très contente parce qu’ils y a des gens qui ont été sensibles au texte, aux revendications que je fais qui parlent de l’indignation que je peux avoir vis-à-vis de la façon dont l’Occident se comporte dans le monde avec plein de belles idées belliqueuses. Je déplore que le concept de démocratie sème le chaos dans beaucoup de pays.

Est-ce que tu prévois des concerts autour de l’album ?

Je prévois une release party au Bassin d’Arcachon avec mes amis et je ferai ensuite une release party parisienne où j’inviterai des professionnels peut-être dans le cadre d’une sortie vinyle. Je pense aussi sortir le clip de ma chanson Océan de plénitude.

Marine Thi

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