Après nous avoir envouté dans la mini-série Supersex signée Netflix, la jeune actrice originaire de la cité phocéenne, nous entraine au grand galop cet été dans les salles obscures afin de la retrouver dans l’un des rôles principaux de la comédie Le Larbin qui sort cet été. Culture et Passions a rencontré Jade Pedri, l’occasion de revenir sur son parcours.



Culture et Passions : Tu es née à Marseille d’une mère qui a été élue Miss Marseille. Lorsque tu es petite, elle t’inscrit à un concours du type « le plus beau bébé ». Te voyait-elle déjà comme une future potentielle mannequin ?
Jade Pedri : A 6 mois ? Je ne pense pas (Rires). C’est vrai que les mamans voient toujours leur bébé comme le plus beau de la terre. Il s’avère que je souriais tout le temps. Ça, c’était pratique. Ma maman ne m’a en revanche jamais forcée à faire des photos. Aussi loin que remonte ma mémoire, j’ai toujours adoré ça ! C’était un plaisir de passer des castings et surtout d’être sur les shootings ou les plateaux pour des pubs, j’aimais déjà travailler en équipe.
Tu as effectivement passé des castings, fait des shootings, tourné dans des clips… Est-ce que tu ressentais déjà l’envie d’exercer le métier d’actrice ?
Je dirais que c’était plus l’envie de faire ce que faisaient les gens que j’admirais et faire ce qui me faisait rêver. J’étais, et suis toujours, une fan d’Harry Potter, je voulais être dans ce monde-là. Je trouvais ça formidable que des gens puissent vivre de telles aventures et nous faire ressentir autant d’émotions. Je me disais que j’aimerais être la personne qui procure ses émotions fortes aux gens. Je faisais déjà un peu de théâtre et j’aimais faire des spectacles et faire rire les gens. Je me souviens que, lorsque j’étais en cours d’arts plastiques en primaire, personne ne voulait s’asseoir à côté de moi, pendant que je dessinais, car je me racontais toujours une histoire, à voix haute, sur ce qui arrivait aux personnages de mon dessin. J’avais déjà un imaginaire très riche. J’aimais raconter des histoires et j’aimais qu’on me raconte des histoires.
Cependant, tu es aussi une passionnée d’animaux. Tu as d’ailleurs intégré une CPGE spécialité agro-véto afin de devenir vétérinaire. Le rêve de devenir actrice étant plus fort, tu as ainsi intégré le Cours Florent. Comment est arrivé ce déclic ?
Pour moi, vétérinaire, c’était un peu le vrai métier. Je ne pensais pas que c’était possible que je devienne actrice, il fallait que je fasse une vraie profession, entre guillemets. J’ai fait deux stages, que j’ai adoré, chez un vétérinaire, lors de ma troisième ainsi qu’au lycée. J’ai assisté à toutes les opérations, sauf aux euthanasies, je ne m’en sentais pas capable à l’époque. Paradoxalement, je passais quatre heures par jour à chercher des castings sur Internet que je décrochais occasionnellement. Je me disais : ‘Jouer, c’est ça que j’aime !’. En tournage, je m’amusais tellement, j’adorais l’ambiance sur les plateaux. Et un jour, j’ai dit à ma mère : ‘Véto c’est un très beau métier mais j’aimerais être comédienne.’ Elle m’a dit qu’elle l’avait toujours su. Je pense qu’elle vu le bonheur procuré par les plateaux de tournages et le mal que je me donnais pour y retourner (Rires). Quand je l’ai dit à mon père, il m’a dit : ‘C’est bien mais, à côté’. Finalement, ils ont accepté tous les deux et je suis venue à Paris.
Comment en es-tu venue à incarner le rôle de Sylvie, la petite amie française de Rocco Siffredi dans la série Netflix, Supersex ?
Les directeurs de casting cherchaient une actrice qui parle italien, ou du moins qui puisse jouer en italien. Mes grands-parents étants italiens, j’ai appris leur langue d’origine en écoutant et en répétant ce qu’ils disaient puis auprès d’amis italiens en vacances. J’ai ensuite appris la conjugaison en faisant italien comme troisième langue au lycée (après l’anglais et l’espagnol). Et c’est certain que ça m’a aidé pendant les castings. Après deux tours dont un callback avec Francesca Mazzoleni, une des réalisatrices de Supersex, et Paolo Sinigaglia, la directrice de casting a appelé mon agent, qui m’a directement appelé une première fois, un soir, en me disant : ‘Bon, les réalisateurs veulent que ce soit toi, c’est bon tu l’as.’ J’étais tellement heureuse, euphorique. Puis le lendemain mon agent me rappelle en me disant : ‘En fait, Netflix ne t’a pas encore validé donc c’est pas sûr.’ Un vrai ascenseur émotionnel. Finalement, Netflix a dit oui. Re joie extrême ! Puis il y a eu un problème de date car je devais terminer le tournage du film « Le Larbin » puis enchaîner avec Supersex mais il y avait une date où les deux tournages se chevauchaient pour moi. Ma participation à Supersex a été remise en question car ils avaient vraiment besoin de cette scène mais il n’avait que ce jour-là pour la faire. Je me disais « non pour une date, il faut que ça se fasse, il faut une solution, je veux trop le faire ! ». Et finalement, ça s’est fait. En plus, pour la petite anecdote la scène en question n’apparaît même pas dans le montage final de la série, alors j’aurais vraiment été dégoûtée si je ne l’avais pas eu à cause d’une date dont la scène n’a même pas été gardée ! (Rires)
Rocco Siffredi étant un personnage controversé, as-tu appréhendé l’idée de jouer dans une série qui lui est consacrée ?
Je savais que faire une série sur Rocco Siffredi, ferait couler de l’encre. Ça créerait des réactions. Après, ce n’est pas une série qui met Rocco sur un piédestal. On raconte juste l’histoire d’un humain. On le connaît en tant que personne médiatique mais on ne connaît pas l’homme. Je trouve son histoire vraiment touchante, et assez triste aussi. Nous, en tant qu’acteurs, nous nous mettions au service d’une histoire, et j’ai eu la chance de travailler avec une équipe hyper bienveillante, sur un plateau où on se sent en sécurité, avec une coordinatrice d’intimité, ce qui est super important. Et je pense qu’on était tous heureux de travailler ensemble pour raconter cette histoire, en tous cas, moi, je le suis vraiment.
Quel(s) souvenir(s) gardes-tu de ce tournage ?
Il y en a plein ! L’ambiance était top. Je suis ravie d’avoir pu tourner en Italie. J’ai joué avec des acteurs impressionnants et d’une grande gentillesse, c’est vraiment inspirant. Ça fait tellement plaisir d’être au contact de gens très talentueux et hyper bienveillants, qui, par exemple, donnent autant, que la caméra soit sur eux ou sur toi. Travailler avec des réalisateurs incroyables comme Francesca Mazzoleni, Matteo Rovere et Francesco Carozzini, c’était également une vraie chance. Et c’est toujours très enrichissant de découvrir une autre manière de travailler que celles qu’on connait en France. C’était d’ailleurs la première fois que je tournais en Italie. Je suis très heureuse d’avoir pu jouer dans la langue de mes grands-parents. Et même s’ils ne sont plus là, je pense qu’ils auraient été enthousiastes à l’idée de me voir dans cette série. Je sais que mon papa est également très proche de cette culture italienne, même si pour le moment il n’a vu la série qu’en version française ou j’ai d’ailleurs pu me doubler. De plus, ce tournage c’était un peu un saut dans l’inconnu, qui m’a permis de sortir de toutes mes zones de confort.
On va te retrouver cet été dans le film Le Larbin de Franck Magnier et Alexandre Charlot. Quel effet ça t’a fait de jouer aux côtés notamment d’Isabelle Carré, Kad Merad et Clovis Cornillac et le jeune acteur Audran Cattin ?
C’est toujours impressionnant de les voir pour la première fois en vrai quand on ne les a toujours vu que sur un écran de cinéma. J’ai découvert des gens adorables et hyper talentueux. Isabelle, c’est un vrai coup de cœur ! Elle est tellement humaine, tellement bienveillante, elle a toujours un mot gentil pour tout le monde… Clovis est impressionnant, c’est une machine, il a un personnage un peu décalé et sur chaque prise, il propose quelque chose de nouveau ! Je ne te cache pas qu’une fois, alors que la caméra n’était pas sur moi, et que Clovis avait un dialogue avec Simon (Larvaron), ça a été très dur de me retenir rire ! Et Audran pareil, c’est un acteur incroyable ! J’ai eu l’occasion de le voir au théâtre, il est phénoménal ! Mais tous en fait, Marc Riso, Simon Larvaron, Christian Hecq, Clara Joly… C’était une vraie belle équipe et j’en garde un superbe souvenir de tournage.
Combien de temps a duré le tournage ?
Il a commencé en septembre dernier et s’est achevé en octobre. J’ai passé 13 jours de tournage.
As-tu une ou plusieurs anecdotes de tournage à raconter ?
Un de mes meilleurs souvenirs de tournage est, sans vous spoiler, un moment où Audran tombe devant moi, je ne sais pas combien de fois on a refait la scène mais impossible de retenir mon rire ! J’essayé mais du coup, je faisais des têtes super bizarres pour ne pas éclater de rire et les réalisateurs m’ont même demandé si ça allait et si c’était possible de faire moins de grimace (Rires). Je me souviens aussi d’une scène où nous sommes sur le même cheval, avec Audran. J’étais derrière, sans selle, en train de m’accrocher à lui, et le cheval est parti tellement vite au galop que le tout le monde au combo (l’écran où les réalisateurs et le reste de l’équipe voient ce qu’est train d’être filmé) a pensé que j’allais vraiment tomber. Je crois que certains ont eu un peu peur mais je ne me suis jamais autant accroché à quelqu’un de ma vie (Rires) et je suis restée en selle !
Peux-tu dire quelques mots sur l’agence TNA qui se trouve à Rome et dont tu fais partie ?
C’est une des agences dont Matteo Rovere (un des réalisateurs de Supersex) m’avait parlé car je lui avais dit que j’aimerais beaucoup travailler à nouveau en Italie. TNA représente également Adriano Giannini et Linda Caridi qui jouent réciproquement Tomaso et Tina dans la série. Je leur ai écrit puis Marta Avenia est revenue vers moi en me disant qu’elle avait adoré la série, qu’elle m’avait trouvé super et qu’elle serait ravie qu’on se rencontre. On s’est donc rencontrées pour la première fois sur Zoom. On a beaucoup échangé, on s’est tout de suite entendues… Et quelques jours plus tard, elle m’a écrit en me disant qu’elle serait ravie de travailler avec moi et voilà ! J’en suis très heureuse !
Image en une : Penelope Caillet.
Jade Pedri sur les réseaux :
