Paille : « Je n’ai pas envie d’être connu pour être connu »

Véritable star en Martinique, Paille est bien déterminé à se faire une place sur la scène métropolitaine. Le chanteur vient de sortir son nouvel EP intitulé Le Crépuscule des Lions. Des
chaloupements du zouk de Friendzone à la sensualité de Comme Papa, en passant par des morceaux plus profonds comme Le Monstre et le power soca de I Don’t Care, chaque titre démontre la maturité artistique de Paille et son talent pour explorer de nouveaux horizons musicaux. Culture & Passions l’a rencontré lors de son passage à Paris.

La pochette de « Le Crépuscule des Lions. Tome 1 » de Paille.

Culture & Passions : Que représente le titre « Le crépuscule des lions » à tes yeux ?

Paille : C’est une formulation que je trouve jolie et qui sonne bien à l’oreille. Il y a un côté poétique qui me plaît bien dans ce titre. Il y a aussi cette dualité dans le mot crépuscule. C’est à la fois la lumière du jour qui apparaît et la lumière du jour qui disparaît. Lorsqu’on a vingt ans de carrière, ce qui est mon cas, on s’aperçoit que certaines choses étaient faciles au début de ma carrière parce qu’il y a la nouveauté, la hype etc. Mais ces mêmes choses deviennent plus compliquées avec le temps parce que certains prévoient une fin de carrière prématurée pour moi. Avec cet EP, je veux aller sur une nouvelle dynamique, un nouveau jour. Moi, comme je me sens toujours l’énergie de faire mieux, je reste motivé à relever des challenges un peu plus gros que ceux de ma communauté martiniquaise, guadeloupéenne et guyanaise.

Quels sont les sujets ou les thèmes que tu voulais explorer à travers ces huit titres ?

Il y a des chansons très introspectives et qui parlent de mes blessures et de mes réussites. Il y a aussi des chansons plus festives aussi. Faut savoir aussi que ça faisait 13 ans que je n’avais pas sorti d’EP. Et lorsqu’on a travaillé sur cet EP, on s’est dit que certaines chansons pouvaient être des singles solos, c’est-à-dire des chansons qui soient assez fortes pour se suffire à elles-mêmes.

L’EP a été dévoilé en avant-première sur Paris. Comment a-t-il été reçu ?

On avait déjà fait une avant-première en Martinique. On a ensuite dévoilé l’EP à Paris en juin dernier. C’était l’occasion d’avoir des retours de gens qui aiment ce que je fais, même si nous étions en petit comité. J’ai pu discuter avec les gens, avoir leur retour et de comprendre en quoi la musique que je fais depuis vingt ans fait partie de leur vie. Après, la promotion d’un EP est un combat au long cours. La première semaine ne compte pas tellement, c’est dans trois mois qu’on saura si l’EP a bien marché ou pas. Bien sûr, on est sur un lancement plutôt réussi avec plein de compliments, plein de partages…

Tu es une immense star en Martinique, est-ce que tu espères te faire connaître un peu plus en métropole ?

Le terme « se faire connaître » est à utiliser avec des pincettes parce que je n’ai pas envie d’être connu pour être connu. Je ne suis pas un influenceur, je ne suis pas le genre à faire des vidéos TikTok dans la rue. Ce qui est surtout intéressant, c’est la musique que je fais et au-delà de ça, ce que je peux en faire comme déclinaison, notamment les lives etc. C’est surtout ça qui est intéressant, d’aller toucher des gens qui n’ont pas forcément accès à cette musique. C’est la musique écoutée qui va permettre à la musique vivante d’exister.

As-tu des concerts de prévus cet été ?

En vérité, comme je suis dans la préparation d’un album, il était plutôt question de refuser des dates. Je serai toutefois en représentation à Sainte-Lucie le 13 juillet, le 20, je ferai un stade en Martinique dans le cadre d’un festival. Il y aura environ entre 4000 et 5000 personnes. Je me produirai fin août à l’Hippodrome d’Auteuil à Paris.

Image en une : Rio Le Château

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