Emmanuelle Bouaziz : « La danse ne me quittera jamais »

Personnage phare de la série Un si grand soleil sur France 3 où elle incarne Flore Martin, Emmanuelle Bouaziz est avant tout, une danseuse née. La jeune femme rêvait de devenir danseuse avant de se tourner vers la comédie. Elle a d’ailleurs participé à de nombreuses comédies musicales. Même si sa carrière d’actrice lui prend beaucoup de temps, Emmanuelle Bouaziz ne ferme pas la porte à un spectacle musical, comme elle le confie dans cette interview à Culture & Passions.

Culture & Passions : Vous avez étudié au Rick Odums Performing Arts Institute où vous avez obtenu votre diplôme de prof de danse. Vous avez également étudié le théâtre. Est-ce que très tôt, vous étiez déjà sûre d’évoluer dans le milieu artistique ?

Emmanuelle Bouaziz : Oui. C’était une évidence. Ça ne l’a pas été pour mes parents parce que ça fait toujours un peu peur les carrières artistiques, surtout quand on n’est pas issu de ce milieu-là. Mais moi, je voulais vraiment danser, être prof de danse. Et c’est au fur et à mesure des auditions et des spectacles que je me suis beaucoup plus intéressée au jeu d’acteur et au show. Mais mon premier choix, c’était la danse.

Je crois savoir que lorsque vous faisiez de la danse classique, une professeure vous a dit que vous n’aviez pas la morphologie pour faire de la danse classique…

Exactement. Elle trouvait que j’étais trop cambrée et sans en-dehors. Je n’avais que 7 ans ! (Rires). Elle avait décidé pour moi que ce n’était pas possible de faire de la danse classique alors que c’était mon meilleur niveau quand j’étais en école professionnelle. Pour moi, tout cela ne voulait rien dire. Il faut toujours écouter son instinct et il n’y a que ça qui paye.

Cette professeure, a-t-elle en quelque sorte gâché vos rêves d’enfant ?

C’est vrai que c’était un traumatisme pour moi parce que, beaucoup plus tard dans ma carrière, j’ai eu ce syndrome de l’imposteur. Dès qu’il m’arrivait quelque chose de bien, je me disais que c’était un coup de chance. Je me suis dit ça pendant longtemps.

Vous vous êtes ensuite tournée vers l’acting. Qui étaient les acteurs et actrices qui vous ont servi de modèle ?

J’ai toujours aimé Meryl Streep. Je l’ai toujours trouvée formidable et généreuse dans sa manière de jouer. Je regardais aussi beaucoup de comédies musicales. J’étais fan de Catherine Zeta-Jones et Renée Zellweger dans Chicago. Je les trouvais sublimes. J’ai eu aussi un déclic en voyant Le Diable s’habille en Prada avec Anne Hathaway, Emily Blunt et Meryl Streep qui est impeccable dans le film.

Vous souvenez-vous de vos débuts au cinéma ?

Mon premier vrai tournage était pour une série qui s’appelle Cocktail de filles avec entre-autres Caroline Anglade qui est une amie que j’adore. Ce n’était pas formidable ! (Rires). J’étais très stressée. Je manquais d’assurance, de confiance, de technique… J’avais vraiment très très peur. Je ne garde pas un super souvenir de mes premiers moments. Puis quand j’ai fait la série Chante !, j’ai pris un peu plus confiance en moi, je tournais beaucoup plus. C’était mon premier vrai rôle récurrent dans une série donc j’étais plus à l’aise. Ensuite, j’ai joué dans Mamma Mia où je suis restée un an à Paris au Théâtre Mogador puis je suis partie en Angleterre où j’ai continué à me former. Là-bas, ils ont une autre approche de travail. J’ai énormément appris.

Par la suite, vous avez rejoint le casting de la série Un si grand soleil sur France 3 où vous incarnez Flore Martin. Comment avez-vous été approchée ?

C’est la directrice de casting Joanna Delon qui a demandé à mon agent que je vienne passer les essais pour le rôle de Flore Martin. J’ai donc passé le casting mais je n’étais pas dans un super état. Mais la directrice était d’une grande gentillesse et d’une grande bienveillance que finalement, ça a marché. J’étais très vulnérable au moment où j’ai passé les essais, et les producteurs y ont peut-être vu une authenticité. Depuis, cela fait un an et demi que je joue ce personnage.

Comment décririez-vous votre personnage ?

Flore est authentique, solaire, hyper indépendante et très libre. C’est ce qui me plaît le plus dans ce personnage. Elle se donne les moyens de faire ce qu’elle aime, elle offre le mieux possible une belle vie à son fils Tiago avec qui elle est très fusionnelle. Elle élève seule son fils. Je trouve que c’est une femme très forte qui m’inspire beaucoup. C’est une version de moi que j’aurais bien aimé être mais je ne suis pas Flore ! (Rires).

Trouvez-vous des similitudes entre votre personnage et vous-même ?

On a en commun ce franc-parler, cette authenticité, ce côté solaire et peut-être une impulsivité d’être dans l’action. Flore est quelqu’un qui est dans l’action, qui ne se laisse jamais abattre, qui avance coûte que coûte. C’est quelque chose qu’on a en commun.

Vous avez été danseuse avant d’être actrice. Seriez-vous prête à vous lancer dans un spectacle de danse ? Vous qui avez d’ailleurs participé à plusieurs comédies musicales comme Roméo & Juliette, Fame, Mamma Mia ou encore 1789 : Les Amants de la Bastille

Ah oui ! Je vois, que ce soit en France ou l’étranger, de plus en plus de spectacles de danse avec des femmes et pas essentiellement des jeunes femmes. Je trouve ça bien de ne pas condamner le corps de la femme après un certain âge. En ce moment, je travaille sur plusieurs pièces de théâtre dont une où il y a de la danse. Mais je serai très heureuse de danser sur un plateau, évidemment. La danse ne me quittera jamais, c’est une évidence.

Quels sont vos projets pour cette année ?

Déjà, Un si grand soleil me prend beaucoup de temps. J’adore travailler sur ce programme, vraiment. J’ai récemment tourné dans le téléfilm Les Mystères du Clos des Lilas pour France 3. J’ai tourné aussi dans la saison 2 du Daron pour TF1. J’ai plusieurs projets de théâtre qui sont en cours. C’est déjà pas mal.

Y’a-t-il un réalisateur ou une réalisatrice avec qui vous aimeriez travailler ?

J’aimerais bien retravailler avec Cédric Klapisch avec qui j’avais travaillé sur Deux Moi. C’était une expérience incroyable. J’aime beaucoup les films d’Houda Benyamina et d’Arnaud Desplechin que j’ai eu l’occasion de rencontrer.

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