Artiste franco-congolais, Michel Nzau alias Bantunani est l’une des figures phares de l’afropunk. L’artiste compte plus de quinze ans de carrière et des albums comme Perspectives, Cosmogony ou encore Anthropic. Après avoir dévoilé en janvier dernier l’EP Usa(U) [Say], Bantunani revient avec un nouvel opus intitulé Iconic qu’il considère sans doute comme l’un des plus aboutis de sa carrière. Il en parle dans cette interview à Culture & Passions.


Culture & Passions : Tu as sorti récemment ton dernier EP intitulé Usa(U) [Say]. Comment le définirais-tu ?
Bantunani : Cet EP, c’est avant tout une mise en bouche avant la sortie de l’album Iconic qui va marquer un réel changement artistique. C’est vraiment une introduction à cette grande mutation musicale qui comptera une trentaine de titres.
Pourquoi ce titre « USA-U-SAY » ?
C’est arrivé au moment où Trump est arrivé au pouvoir. Il manquait une chanson un peu caricaturale c’est-à-dire un hip-hop un peu contestataire dans une ambiance un peu 70’s et en même temps psychédélique. C’est une façon de se demander de quelle Amérique on parle ? J’ai aussi voulu faire une analyse ou une critique de la situation politique actuelle aux Etats-Unis.
Quels sont les thèmes ou les sujets que tu voulais mettre en lumière à travers ces neuf chansons ?
Il y a des titres engagés comme Telema-Stand Up que j’ai écrit bien avant la situation actuelle en République-démocratique du Congo que j’avais déjà dénoncé aussi en 2009 avec Coltan Rush. C’est une façon de dire que l’Afrique doit se lever. Dans Telema, la présence de mes enfants m’a apporté une fraîcheur musicale. Du coup, ça donne une musique plus spatiale, un peu épurée. Dans Secret Pen, j’ai voulu expliquer ma plume secrète. Comment j’écris les chansons et comment une chanson naît. Tout part d’une idée, d’une mélodie, d’un parfum, du regard d’une femme…
Comment a été reçu l’EP dans l’ensemble ?
On est victimes de notre succès. Telema et Secret Pen fonctionnent très bien en termes de streaming et de vues sur YouTube. On est très diffusé dans les radios. C’est vrai qu’on a un public qui est très anglophone, contrairement à nos compatriotes congolais qui font de la rumba. Je suis un des rares artistes congolais à chanter en anglais donc je n’ai pas la même approche que mes compatriotes congolais. Mais je mélange souvent la rumba avec de la world music. D’ailleurs, sur Iconic, je fais un flashback entre les années 80, 90 où le groove avait un côté pop-dance, new-jack, synthé pop pour qu’on voit comment serait Bantunani dans les années 80, 90.
Iconic arrive le 15 avril, à quoi peut-on s’attendre ?
A une grande surprise ! Ce sera une synthèse musicale de ce que j’ai fait jusqu’à présent mais il y aura surtout une liberté. Je ne considère pas avoir un public. C’est plutôt un fan-club. Dans cet album, j’aborde toutes les thématiques de ce monde comme si demain c’était la fin du monde. Je parle de la séparation, de la recherche, du rapport homme/femme avec un titre qui s’appelle Believe…
As-tu d’autres projets prévus pour 2025 ?
Je vais continuer à faire des clips. Il y aura sans doute une grande tournée. J’adore voyager. Le voyage, pour moi, c’est la meilleure source d’inspiration, tant mélodique que musicale.
As-tu un message pour les personnes qui te suivent et aiment ta musique ?
J’espère qu’ils apprécieront ma musique et les thématiques abordées. J’ai vraiment travaillé ma voix pour avoir un groove un peu plus attendri. J’ai surtout un message pour le Congo : que la paix revienne. Il faut que les Congolais et toute la nation africaine se réunissent pour parler au sein d’une seule et grande nation.
Pour finir, y’a-t-il une salle de concert parisienne que tu n’as encore jamais faite et que tu rêves de faire ?
En tant qu’ancien parisien, j’ai déjà joué au Casino, au New Morning, à la Bellevilloise… Pourquoi pas le Zénith ! Le groupe Bantunani est né à Ménilmontant. A l’origine, Bantunani était un groupe puis je suis devenu Bantunani comme artiste à part entière. Donc pourquoi pas faire le Zénith ou l’Olympia !
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