Mélanie Gaudry : « La littérature est un amour de jeunesse »

Mélanie Gaudry a fait de la littérature son terrain de jeu depuis l’enfance. Écrivaine française passionnée et diplômée en lettres et traduction, elle s’impose aujourd’hui comme une voix singulière de la scène littéraire. Dans cet entretien exclusif pour Culture & Passions, elle dévoile ses inspirations, ses combats et ses projets d’écriture à venir.

Culture & Passions : D’où vient cette passion pour la littérature française et étrangère ?

Mélanie Gaudry : J’ai la chance d’avoir une famille qui est très axée sur les arts, la culture et la transmission. Dès mon plus jeune âge, mon grand-père notamment, m’a fait découvrir la littérature française. J’ai appris à lire très tôt à 3 ans. Je voulais apprendre à connaître ce que les « grands » connaissaient. Et une chose entraînant une autre, la littérature ne m’a pas quittée. C’est un amour de jeunesse.

Qui sont les auteurs (ou auteures) qui vous ont servi d’inspiration ?

En premier, je dirais Balzac parce que sa manière de dépeindre la société parisienne et provinciale au milieu du 19e siècle, était très acerbe mais très vraie. C’était une satire sociale qui touchait tous les milieux. Et de nos jours encore, quand nous lisons l’œuvre de Balzac, nous retrouvons un écho qui nous parle. Plus tard, j’ai été inspirée par Harper Lee, une auteure américaine qui a écrit Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur (Titre original : To Kill a Mockingbird). C’est une dame qui, bien qu’elle n’a écrit qu’un seul roman, a connu la prospérité grâce à lui. Cette œuvre parle de la ségrégation raciale aux Etats-Unis dans les années 30. J’ai beaucoup aimé la manière dont Harper Lee a dépeint ce milieu. Par la suite, j’ai découvert Marguerite Duras qui a raconté sa vie dans L’Amant, La Douleur où elle décrivait sa période de résistance. Son mari était déporté. Tous ces auteurs m’ont inspiré et donné l’envie d’écrire immédiatement.

Vous êtes diplômée d’une double licence de lettres modernes et classiques ainsi qu’en traduction de langues anciennes. Est-ce que vous étiez déjà prédestinée à être écrivaine ?

Je ne pense pas. J’ai beaucoup lu quand j’étais enfant. J’ai très vite eu une dimension littéraire. J’étais aussi intéressée par la peinture, je prenais des cours, je faisais des tableaux. Mais je ne pense pas que j’étais prédestinée à écrire des livres même si j’avais une préférence pour l’écriture. C’est un concours de circonstances. Je pense que c’est plus par rapport à mon éducation, aux rencontres que j’ai faites. J’ai toujours aimé l’introspection, faire des petits résumés d’œuvres…

Vous avez sorti en 2013 votre premier roman intitulé Avec le temps. De quoi ça parle et comment a-t-il été reçu ?

C’est un roman historique sur la Première Guerre mondiale. Il est sorti en décembre 2013. Je voulais qu’il soit sur les rails en 2014 comme c’était l’année du centenaire de la Grande Guerre. C’est un roman qui parle de la guerre mais pas du point de vue du combat ou du champ de batailles. J’ai surtout voulu raconter les conséquences de la guerre sur les individus. Je me suis inspirée de quelques personnes que je connaissais à l’époque pour créer ces deux frères dont un, s’en va en Guerre et l’autre reste dans le domaine familial parce qu’il est infirme. C’est un roman qui a eu un joli petit accueil car j’étais très très jeune quand je l’ai écrit. Je pense que mon jeune âge à l’époque a créé un petit engouement. C’est un très beau souvenir car je suis aussi passionnée d’histoire et là, j’ai pu combiner les deux : la littérature et l’histoire.

Vous avez sorti en 2021 l’essai intitulé Narcisse Perverti : Essai sur la manipulation perverse narcissique aux Éditions Lys Bleu. Pourquoi avez-vous décidé d’aborder ce sujet ?

A cette époque, j’écrivais des articles de presse sur la perversion narcissique. C’est un thème qui me plaît beaucoup parce que malheureusement, à cette époque là, on n’en parlait pas énormément. De plus, je reprenais des études à l’époque et j’ai eu envie de combiner les articles de presse que j’ai pu écrire. Je voulais donner une forme de continuité en partant du principe que la perversion narcissique est quelque chose dont on peut se prémunir. J’ai écrit un essai où la victime reprend sa place et où il y a aussi des méthodes pour se prémunir et pour gagner symboliquement face au pervers.

Avez-vous, à titre personnel, connu des pervers narcissiques ?

J’ai fréquenté un pervers narcissique pendant plusieurs années. Je pense que j’aurais pu écrire ce livre même si je n’avais pas connu ça. On parle beaucoup des violences faites aux femmes mais pas suffisamment des violences psychologiques. Mais en ayant vécu quatre ans avec un pervers narcissique, j’ai eu envie d’aborder ce sujet. J’ai pu extérioriser et faire quelque chose de bien. D’autant que c’était une période de ma vie qui n’était pas forcément positive.

Projetez vous d’écrire un troisième livre ?

Oui. Cela fait déjà quatre ans que j’ai écrit cet essai et j’ai envie de retrouver ce sentiment d’accomplissement de la publication d’une œuvre. Parce que, même si j’écris des articles et que je suis très axée dans le milieu des revues etc., je pense que l’écriture d’un livre est une expérience sans comparaison. Je pense sortir un autre livre l’an dernier.

Y’a-t-il d’autres sujets que vous voudriez aborder ?

Il y a un sujet que j’aimerais aborder, c’est l’emprise par rapport aux dérives sectaires. C’est un thème qui m’intéresse beaucoup puisque de nos jours, les réseaux sociaux permettent l’essor des sectes 2.0. Il y a une loi qui a été promulguée en 2024 pour tenter d’endiguer ce fléau qui demeure grave. En plus aujourd’hui, le complotisme et les dérives sectaires ne font plus qu’un. Je voudrais sensibiliser un maximum de personnes à ce fléau d’autant plus que l’ultra-droite est souvent vectrice de ces mouvements pour essayer de trouver un maximum d’adhérents.

Avez-vous des projets pour la rentrée ?

J’ai plusieurs projets notamment dans le domaine des revues. Je vais participer au Salon de la revue qui aura lieu au mois d’octobre à Paris. Je vais présenter un article sur le cinéma de Claude Sautet. Je collabore aussi de façon hebdomadaire avec une revue Le Contemporain où j’aborde la politique française et internationale ainsi que la littérature. J’ai aussi un projet plus personnel, celui de lancer ma newsletter à la rentrée. C’est sous la pression d’amis qui sont plus forts que moi dans ce domaine-là.

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