Johsef : « La musique me remplit complètement »

Après une brillante carrière de producteur au sein du duo LNT Musik, Therry
est devenu Johsef, un artiste en quête de sincérité et de liberté. Son premier
projet solo, POLAROID, s’impose comme une plongée intime dans ses
souvenirs et ses émotions. Pour Culture & Passions, Johsef revient sur ce
virage décisif, entre abandon, renaissance et désir de scène.

Culture & Passions : Tu es photographe de base. Comment la musique a pris une place considérable dans ta vie ?

Johsef : J’ai beaucoup aimé faire de la photo, c’était le premier pas vers la création. Mais à un moment donné, j’ai eu l’impression que la photo était un petit peu moins spontanée et un peu moins… intuitive. La musique, tu n’as pas besoin de réfléchir et de te poser des questions pour comprendre ce que tu ressens. Alors que la photo, c’est beaucoup moins physique et instinctif.

Je me suis rendu compte que la musique me touchait plus et que j’avais le sentiment de ne plus avoir besoin de faire de la photo. J’ai appris plein de choses en faisant de la photo une bonne partie de ma vie : comme le fait d’essayer de trouver une esthétique à des choses qui ne sont pas spécialement belles.

En commençant à faire de la musique j’ai pris le chemin inverse : je me disais que la beauté, finalement, c’était un équilibre et une harmonie qui permettait que les choses deviennent belles.

En 2010, tu as été repéré par Jean-Charles Carré, associé de David Guetta et tu as formé le duo LNT Music avec Ludovic Carquet. Qui est-il ?

Ludovic Carquet est un ami que j’ai rencontré quand j’ai commencé à faire de la photo et avec qui j’ai appris à faire de la musique. Nous étions trois potes avec Julien Arias. Il m’a présenté Ludo et on a commencé à faire de la musique ensemble, à trois. Moi j’apprenais alors qu’eux faisaient de la musique depuis plus longtemps que moi. J’ai fait mes premières armes avec eux.

Quels souvenirs gardes-tu ?

Ce sont des super souvenirs ! C’est incroyable de se dire que je fais un boulot que j’aime et c’est ma passion. Je réalise des rêves que j’ai en commun avec mon meilleur pote. On y met le même enjeu, la même énergie… C’est rare de vivre des choses comme ça avec son meilleur ami.

A quel moment as-tu décidé de te lancer en solo ?

Je pense que le déclic s’est fait un an et demi avant que j’arrête avec LNT Musik. On revenait de Las Vegas et je me suis dit que, quand j’ai commencé la musique, mon rêve c’était d’être en studio avec des grands artistes comme Pharrell Williams. J’ai réalisé que si j’étais producteur, c’était surtout pour rester dans l’ombre. Mais je me suis rendu compte que j’avais besoin de faire ma musique. C’était le moment pour moi d’assumer pleinement ce que je fais. C’était aussi une période où je ne me sentais plus trop en phase avec ce qui se passait sur la scène mainstream. J’ai donc arrêté de produire pour d’autres. Je suis parti en Espagne pendant un an et demi où je me suis posé les bonnes questions : pourquoi tu aimes la musique ? Quels sont tes premiers amours dans la musique ? Qu’est-ce que tu as envie de dire ?

Pourquoi « Johsef » comme nom de scène ?

Je ne sais pas comment c’est venu. Le nom m’est apparu et j’aimais l’énergie qu’il dégageait. À ce moment-là, j’avais déjà la démo du premier single, Polaroid. C’est là que tout a commencé.

Combien de temps il t’a fallu pour concevoir le projet ?

Ça m’a pris beaucoup de temps avant de savoir ce que je voulais faire vraiment, comment et pourquoi je voulais le faire. Et une fois que j’ai compris tout ça, je pense que ça s’est fait en six mois. J’avais suffisamment de pièces pour faire le puzzle de cet EP.

Comment a été reçu l’EP dans son ensemble ?

Super positivement. Je suis très content des retours. Je me suis demandé si cet EP allait être à la hauteur de ce que les gens attendent de moi. Mais je me suis rendu compte que c’est surtout mon égo qui a parlé car personne n’attendait quoi que ce soit de moi. Mon but c’est que cet EP résonne chez ceux qui en ont besoin. Si ça ne plait pas, ce n’est pas grave.

Qui est l’artiste Maydien avec qui tu partages le titre Love Can Teach ?

Maydien, c’est devenu un très bon ami à moi depuis peu de temps. J’ai été sélectionné pour faire une résidence dans les studios de Wisseloord à Amsterdam et j’ai passé trois semaines là-bas. C’était une expérience incroyable ! C’était la première fois que j’allais en studio en tant qu’artiste et non en tant que producteur. Dès que tu arrives dans la room, le micro est réglé à ta taille, ce n’est pas toi qui le règle. C’est tout un tas de petits détails qui ont fait que j’ai commencé à embrasser mon projet et à intégrer que c’était moi l’artiste et le moteur du projet. J’ai beaucoup, beaucoup appris. C’est comme ça que j’ai rencontré Maydien qui est un artiste incroyable.

On a sympathisé. J’ai beaucoup aimé la musique qu’il faisait. Il m’a demandé de lui faire écouter quelque chose et à ce moment-là, j’avais juste enregistré la démo du titre Polaroid. On a écouté quatre, cinq fois le morceau parce qu’il a beaucoup accroché. Cela lui a donné envie qu’on fasse un morceau ensemble. Après deux, trois jours de travail, j’ai fait une maquette, on en a discuté et puis ça été très fluide.

C’est quoi la suite des projets pour toi ?

Je vais continuer à écrire des choses. J’ai envie de collaborer beaucoup plus avec d’autres artistes comme Terrenoire. J’ai déjà bossé avec eux sur leur dernier projet Protégé.e. C’était une super expérience. Ce sont de super gars. J’aimerais bien collaborer avec Woodkid que j’ai rencontré lors d’une interview pour Côté Club sur France Inter. Ça a toujours été un rêve pour moi. Pour le reste, on verra.

As-tu aussi des envies de scène ?

J’aimerais beaucoup commencer à tourner. J’ai une musique qui est très produite. J’aimerais bien trouver un moyen viable de la proposer et de la partager sur scène sans que ça fasse « remix rock ». C’est quelque chose sur lequel je travaille mais je ne sais pas si ça se fera autour de ce premier EP. Tout ce que je veux, c’est faire les choses correctement.

Image en une : Elise Meunier.

Johsef sur les réseaux :

Laisser un commentaire