Artiste québécoise à la plume affûtée et à la pop profondément émancipatrice, Amay Laoni signe son retour très attendu en France. Après la parution de son troisième album Le cœur des oiseaux de cendre, salué pour sa force introspective et sa puissance émotionnelle, la chanteuse retrouve le public français à l’occasion de trois concerts : le 22 janvier aux Balades Sonores à Paris, le 28 janvier au We Are à Lille, puis de nouveau à Paris au Pan Piper, où elle se produira en première partie de la chanteuse Gervaise. Une nouvelle traversée de l’Atlantique pour une artiste qui cultive, de part et d’autre, un lien intime avec la scène francophone. La chanteuse s’est confiée à Culture & Passions avant son départ en France.

Culture & Passions : Comment te sens-tu à l’idée de revenir en France et de retrouver le public français ?
Amay Laoni : C’est toujours un plaisir de revenir. A chaque fois que je reviens en France, je sens qu’il y a encore plus de liens qui se sont créés et qu’il y a quelque chose de profond qui se tisse. Récemment, j’ai joué dans une superbe salle au Québec qui s’appelle Le Petit Champlain. C’est une salle qui peut s’apparenter un peu aux Trois Baudets. Le premier sentiment que j’ai eu, c’est que ça m’a rappelé la France. C’est toujours un bonheur de venir dans ce pays.
L’année 2025 a été marquée par la sortie de ton album Le cœur des oiseaux de cendre. Quel bilan fais-tu ?
Ça a été une année où il a fallu que je fasse beaucoup de démarches parmi les gens qui m’entourent. Ça prend du temps avant de consolider les bonnes personnes. 2025 m’a aussi appris que, plus je revenais en moi, plus je prenais du temps pour moi et comprenais ce qui était vraiment important pour moi. Je me suis séparée de certaines personnes et d’autres personnes sont entrées dans ma vie comme Faustine Croquison qui est ma manageuse. Ça a été une rencontre professionnelle mais aussi amicale.
Comment a été reçu l’album au Canada et en France ?
Au Canada, j’ai fait beaucoup de télévision, des entrevues… Comme les gens connaissent bien mon projet Amay Laoni depuis quelques années, ils ont bien accueilli l’album. Avec cet album, je voulais que les gens se sentent interpellés par le projet. J’ai de plus en plus de gens qui se sont engagés réellement et qui ont écouté l’album. Je trouve ça génial. J’essaie vraiment de savourer ces moments-là. Ce qui est important pour moi, c’est vraiment l’engagement des gens et la connexion.
Tu auras l’occasion de chanter les titres de l’album à l’occasion d’un concert au Pan Piper le 30 janvier prochain où tu seras en première partie de Gervaise. Vous étiez déjà en co-plateau aux Trois Baudets le 24 avril dernier. Quelles sont vos relations ?
Avec Gervaise, la première fois qu’on s’est vues c’était lors d’un concours qu’elle est venue faire au Québec qui s’appelle le Festival International de la chanson de Granby qui est l’un des plus gros concours du Québec. Le but est d’ouvrir la scène à des artistes venus d’ailleurs. C’est un concours francophone. J’y avais moi-même participé quand j’étais plus jeune. Chaque année, je donne des cours d’écriture et je parle de mon métier d’auteure, compositrice. C’est là que j’ai fait la connaissance de Gervaise. On nous a proposé de passer une journée ensemble. J’ai écouté ce qu’elle faisait et j’ai tout de suite été conquise. C’est comme ça qu’on a connecté.
Aussi, ce qui me fascine avec cette femme, cette artiste, c’est qu’elle a une belle sensibilité. Elle est dans la retenue, dans l’écoute. Quand je l’ai vu sur la scène du Festival de Granby, je me suis dit : Mais c’est qui cette femme ? Rien que d’en parler, ça me donne des frissons. C’est de là qu’est née cette connexion. On a ensuite gardé contact. Par la suite, j’ai pensé à elle pour faire ma première partie aux Trois Baudets.
Tu t’étais d’ailleurs produite au Pan Piper en novembre 2024 à l’occasion du Festival avec la langue. Quelles sont tes impressions sur cette salle ?
J’adore cette salle. Je suis très heureuse d’y retourner. C’est l’une des salles françaises que j’aime beaucoup. Je trouve que la réception est bonne. D’ailleurs, lorsque j’étais au Festival avec la langue, c’était des vitrines de vingt minutes. Il ne fallait surtout pas les dépasser ! Les organisateurs m’avaient même mis une horloge avec un décompte de vingt minutes. J’ai trouvé ça tellement drôle ! Mais ce n’était pas seulement pour moi, c’était pour tous les participants. Mais j’ai bien aimé l’ambiance de cette salle.
Artistiquement, que réserves-tu pour cette année 2026 ?
J’ai beaucoup de projets en tête. J’essaie de suivre les signes de la vie. Je commence à démarcher des gens pour mon prochain album. J’ai envie qu’il soit un pont entre le Canada et la France. J’ai aussi un projet d’album de reprises de chansons françaises et anglophones. J’ai publié des extraits sur les réseaux sociaux et ça a très bien marché. Je me suis dit qu’il fallait que j’en fasse un projet d’album. Ce n’est pas facile car ça demande beaucoup d’autorisations au niveau des droits d’auteur.
Tu as eu l’occasion de te produire dans beaucoup de salles parisiennes telles que les Trois Baudets, la Cigale, le Hasard Ludique ou encore le Pan Piper. Quelle est la salle de tes rêves ?
Oh mon Dieu ! C’est sûr que mon rêve, en tant que québécoise, ce serait de faire l’Olympia. Je me verrais bien y faire une première partie. J’adorerais faire une tournée des Zéniths aussi.
Image en une : Camille Gladudrouin.
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