C’est la nouvelle sensation pop française. Depuis son premier EP La Source Vive sorti en mai 2023, Almée poursuit sa poésie pop mêlant piano classique et musique électronique pour explorer l’inconscient collectif. Entre synthés analogiques et boîte à rythme vintage, elle sort des clichés de la pop électro pour parler vrai et passe de l’intime à l’universel. Sur scène, au piano et au chant avec Mélanie Centenero ou Greg Demson à la batterie, Almée nous plonge dans ces états sonores, mêlant chansons et témoignages. Alors qu’elle travaille actuellement sur son nouvel album, Culture et Passions a pu rencontrer et échanger avec la charmante et sympathique Almée au Bibiche Montmartre dans le 18e arrondissement de Paris. L’occasion de revenir sur son parcours riche et varié.


Culture et Passions : Bonjour Almée, peux-tu te présenter ?
Almée : Je m’appelle Almée. Je fais de la musique pop française au piano. J’ai sorti mon premier EP La Source Vive il y a tout juste un an. C’était génial comme aventure. C’était une première étape et là je suis en train de préparer l’album à venir.
Quel est ton parcours ?
Il est très divers et varié. J’ai suivi des études de lettres en prépa littéraire. J’ai ensuite fait une école de commerce à l’ESSEC où j’ai fait un MBA en management. Ce n’était pas tout à fait mon truc mais bon, je l’ai fait quand-même. Après ça, je suis devenue comédienne. Je suis partie vivre à Los Angeles où j’ai joué. J’ai commencé à réaliser des clips et des courts-métrages. J’ai notamment fait un court-métrage qui a pas mal tourné dans les festivals aux Etats-Unis lorsque je vivais là-bas. J’ai toujours fait de la musique mais c’était plus un truc que je faisais à côté. C’est devenu plus central quand je suis revenue en France. J’ai commencé à écrire des poèmes que j’affichais dans Paris et je me suis mise à écrire des chansons.
Tu as commencé à jouer du piano très jeune. A quel moment as-tu voulu te lancer dans la carrière de chanteuse ?
J’ai toujours chanté chez moi mais j’ai pris des cours de chant lorsque j’étais comédienne mais c’était surtout pour des rôles. C’est en 2020 que je me suis lancée dans la chanson avec le premier titre Préliminaires que j’ai enregistré avec ALB (Clément Daquin). C’était en plein Covid. C’est un titre qui devait marquer le lancement et la sortie de l’EP. Mais ça n’avait pas de sens de sortir un EP sans pouvoir faire de concerts. Je ne me voyais pas faire des concerts en étant enfermée chez moi. Ça n’avait aucun sens ! Finalement j’ai mis ma carrière de chanteuse entre parenthèses pour travailler comme journaliste.
Qui sont les artistes qui t’ont inspirées lorsque tu étais plus jeune ?
Toute petite, j’ai été inspirée par des pianistes comme Bach, Chopin… J’ai aussi beaucoup grandi avec la chanson française classique. Mes parents écoutaient énormément Georges Brassens, Jacques Brel et Barbara que j’adore. En grandissant, j’ai évidemment découvert plein, plein, plein d’autres choses. J’aime bien découvrir des nouveaux artistes de la scène musicale actuelle. J’aime des artistes comme Tellier ou encore une artiste espagnole qui s’appelle Rigoberta Bandini. C’est complètement fou ce qu’elle fait, j’aime beaucoup.
A quel moment tu as décidé de t’appeler « Almée » ?
Quand j’ai sorti mon premier EP. Je cherchais des noms qui pouvaient me plaire et dans un livre que j’aime beaucoup et qui s’appelle Les Diaboliques de Jules Barbey d’Aurevilly, j’ai commencé à regarder pour trouver. Au départ, tous les noms propres n’étaient pas très intéressants pour moi. Mais en relisant le bouquin, je suis tombée sur le mot Almée et je me suis dit : ‘C’est trop beau ! Je veux m’appeler comme ça.’ J’ai vu que les Almées étaient des musiciennes et des poétesses dans l’Egypte ancienne. J’ai trouvé que c’était parfait !
C’est bel et bien sous le nom d’Almée que tu as sorti ton premier EP La Source Vive en mai 2023. Un EP réalisé par Clément Daquin alias ALB. Avec un peu de recul, quel(s) regard(s) portes-tu sur ce premier projet ?
C’est une bonne question ! (Rires). Je dirai que c’est toujours étonnant d’évoluer et de revoir ce qu’on a fait. Il y a toujours cet espèce de regard en arrière en se disant que j’aurais fait les choses différemment aujourd’hui. Mais en même temps, j’ai un regard attendri sur ce que j’étais il y a quelques temps. Pour ma part, c’est un EP qui me plaît parce que je n’ai pas fait de concession particulière. J’ai fait tout ce que je voulais comme je le voulais. J’ai adoré bosser avec Clément et cet EP m’a permis de trouver une direction qui était juste pour moi. Là, avec le nouvel album que je prépare, c’est un nouveau chapitre qui s’écrit.
Quels sont les titres de l’EP qui te tiennent le plus à cœur ?
C’est vrai est une chanson que j’ai écrite à partir d’un témoignage de mon grand-père qui était juif et résistant. Il s’est fait arrêté par la gestapo et a été déporté à Auschwitz où il est resté deux ans. Quand il est revenu, il a été interviewé par la Shoah Fondation où il a raconté son expérience. J’ai été bouleversée en revoyant son témoignage que j’ai voulu faire une chanson autour de ça. Dans James Dean, je parle de l’épopée américaine en souvenir de lorsque je vivais à Los Angeles.
Peux-tu dire, sans trop en dévoiler, quelques mots sur ton futur album ?
C’est un album qui s’inscrit dans la continuité de ce que j’ai fait avant. Il sera un peu plus organique. On a enregistré des sons au piano qu’on a enregistrés lors de notre dernière résidence. On est encore dans les étapes de recherche. L’album portera sur des thèmes qui me tiennent à cœur et va beaucoup tourner autour de la libération notamment.
Tu avais fait il y a quelques temps un duo avec Léonard Lasry. Y’a-t-il d’autres duos que tu rêverais de faire ?
Oh oui plein ! Je suis très admirative de Gaël Faye. J’adore son travail. Il fait partie des gens avec qui j’aimerais énormément travailler un jour, à voir !
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