Xam Hurricane : « The Voice m’a donné les clés pour ma carrière »

Révélé dans la saison 2018 de The Voice sur TF1, Xam Hurricane sort son premier EP intitulé Réveiller les morts. Un projet de six titres qu’il a conçu dans le studio d’enregistrement qu’il a conçu à Malakoff et qu’il aura l’occasion de jouer sur la scène du Supersonic Records le mardi 5 novembre. Parallèlement à son nouvel EP, Xam Hurricane joue dans la pièce Le Cercle des poètes disparus qui a lieu au Théâtre Libre à Paris jusqu’au 31 décembre puis en tournée dans toute la France. A l’occasion de sa riche actualité, Culture & Passions s’est entretenu avec Xam Hurricane dans son studio d’enregistrement situé à Malakoff dans le 92.

La pochette de Réveiller les morts, le nouvel EP de Xam Hurricane disponible depuis le 31 octobre 2024.

Culture & Passions : Tu dévoiles ton premier EP qui s’intitule Réveiller les morts. Je crois savoir que la conception du projet a démarré lors du premier confinement lorsque tu as monté ton propre studio d’enregistrement ici à Malakoff…

Xam Hurricane : Exactement. Pendant le confinement, plein d’artistes se sont mis à faire pas mal de trucs sur Internet. Certains utilisaient leur iPhone pour faire des vidéos avec une guitare. Matthieu Chedid faisait des lives Instagram dans son studio d’enregistrement et ça m’a donné envie d’avoir le mien. Du coup, j’ai proposé à mes parents de faire un studio d’enregistrement ici, dans mon ancienne chambre. C’est donc ici que j’ai enregistré ce premier EP. Après le confinement, j’ai voulu clipper les chansons de l’EP en dehors de la France pour que ça puisse créer une rupture avec le fait qu’on était enfermés. Je suis donc allé en Guyane française et au Maroc pour tourner deux clips : Ce qu’il te plaît où je suis dans une pirogue sur un fleuve en Guyane et Il faut se tenir près qui a été fait dans le désert du Sahara au Maroc. Tout cela s’est étalé sur deux, trois ans car il a fallu trouver des financements etc.

Quelle est la raison du titre « Réveiller les morts » ?

Ce titre est dû à un coup de sang que j’avais eu pendant le premier confinement. On nous avait dit que ça allait durer une semaine, puis un mois, puis deux mois… La conséquence pour nous, les artistes, c’est qu’on ne pouvait plus monter sur scène. Ce qui est le cœur de mon métier. A un moment donné, j’en ai eu ras le bol. C’était très égoïste de ma part parce qu’il y avait des gens qui, à côté de ça, souffraient beaucoup plus. D’autres mouraient. Avec la chanson éponyme, j’ai voulu faire un titre un peu coup de gueule tout en mettant un peu d’ironie et de cynisme. Quand j’ai écrit ce son il y a quatre ans, je ne pouvais pas le sortir au vu du contexte de l’époque. J’ai préféré attendre quelques années.

Tu as dévoilé il y a quelques mois les deux premiers titres de l’EP à savoir Je reviens et Ce qu’il te plaît. De quoi parlent ces deux chansons ?

Je reviens raconte un peu ce que j’ai vécu après mon expérience dans The Voice. J’avais rencontré pas mal de gens qui étaient dans le star system. Quand on est sous les projecteurs, c’est tellement irréel, tout va très vite. On est très vite exposé et on est un peu déconnecté de la réalité du monde artistique. Dans Ce qu’il te plaît, je fais part de mes questionnements et de mes peurs sur l’avenir par rapport à la modernité, à l’intelligence artificielle, au monde numérique, aux réseaux sociaux…

Parallèlement à ton activité musicale, tu joues actuellement dans la pièce Le Cercle des poètes disparus mise en scène par Olivier Solivérès au Théâtre Libre. De quoi ça parle ?

Cette pièce est une adaptation théâtrale du film de Peter Weir. Je pense que les gens qui aiment le film pourront retrouver tous les ingrédients du film. Je trouve que le fait de jouer ça au théâtre nous plonge encore plus en immersion. C’est incroyable de pouvoir toucher l’œuvre du doigt.

Malgré tes talents de chanteur et de musicien, est-ce qu’à un moment l’envie de devenir acteur t’a traversé l’esprit ?

Oui ! Cela faisait un peu bout de temps que j’en avais envie. J’ai déjà fait quelques courts et longs métrages, notamment un avec Stéphane Freiss. Cette expérience m’a vraiment donné envie de faire de la comédie et plus je fais ce métier plus je l’aime. Pour autant, je n’abandonne pas la musique parce qu’au début de la pièce Le Cercle des poètes, je fais un pré-show d’une demi-heure et dans lequel j’interprète les chansons d’Elvis Presley, de Little Richard… C’est assez agréable d’avoir deux métiers qui se ressemblent et qui se complètent.

Imagines-tu faire une carrière à la Alain Delon ?

Oui, c’est tout à fait souhaitable ! Mais c’est une autre époque. Je ne sais pas si ce serait possible aujourd’hui de faire une carrière à la Alain Delon. Il y a quand-même beaucoup plus de monde présent sur le marché, beaucoup plus de moyens de diffusion. Aujourd’hui, avec les réseaux sociaux, tout le monde a droit à son petit quart d’heure de gloire.

Le public t’a découvert en 2018 lorsque tu as participé à The Voice sur TF1 et où tu es arrivé jusqu’en finale. Quel(s) souvenir(s) tu en gardes ?

J’en garde un très très bon souvenir ! J’ai appris énormément en faisant cette émission. Derrière la caméra, il y a plein de gens qui t’apprennent des gens très techniques notamment la technique vocale et aussi quelle caméra regarder sur le plateau. C’est un peu comme une formation accélérée. C’est ce qui m’a donné les clés pour ma carrière. Avant de faire The Voice, je n’arrivais pas vivre de ma musique. Désormais j’arrive à en vivre.

Image en une : Chris&Nico.

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