Joysad : Je veux juste faire ce que j’aime »

Jeune rappeur originaire de Périgueux en Nouvelle-Aquitaine, Joysad s’est fait connaître grâce à des freestyles incandescents. Après avoir dévoilé deux EPs Fernandez et Palindrome, ainsi que deux albums Espace Temps et Transparent, Joysad sort un nouvel opus intitulé L’auteur de mes contes dans lequel il se livre comme jamais.

Culture & Passions : Ton dernier album s’appelle L’auteur de mes contes. Est-ce le plus personnel ?

Joysad : Je pense oui. C’est un album encore plus intime, sans filtre. Les autres projets étaient aussi personnels mais ils étaient plus réfléchis. Celui-là est plus spontané. J’ai voulu aborder plus de choses que dans mes précédents projets. Il y avait cette envie de dire tout ce que j’ai traversé depuis toutes ces années.

Ce titre, « L’auteur de mes contes », a-t-il une signification particulière pour toi ?

Oui. Quand je lis le titre, je m’imagine moi-même en train d’écrire mon projet au milieu de tous les autres sur un bureau. Je m’imagine prendre un peu les éléments de chacun de mes projets et tisser le bilan.

C’est un album où on retrouve notamment des chansons personnelles comme Mamie avec un S où tu rends hommage à tes deux grands-mères disparues en 2023. Que représentaient-elles à tes yeux ?

J’ai envie de dire « à nos yeux » parce que j’ai une très grande famille. C’étaient deux sœurs. Elles avaient une grande responsabilité, celle d’élever tout le monde. C’étaient les mamies de tous mes cousins et cousines. C’étaient les doyennes. C’est elles qui m’ont élevé. C’est grâce à elles si j’ai eu une éducation plutôt correcte. Elles m’emmenaient à l’école, au sport… Je leur dois beaucoup, beaucoup de choses. Je n’en serais peut-être pas là sans elles.

Est-ce qu’elles t’ont encouragées dans ta carrière artistique ?

Bien sûr ! Elles savaient que j’étais artiste car elles écoutaient France Bleu Périgord ! Mais elles ne savaient pas exactement ce que je faisais. Elles voyaient surtout que je bougeais partout.

Il y a un autre hommage dans l’album, celui que tu rends à ton frère mort d’un accident de moto dans le titre MMMF [Me manque mon frère]…

C’est ça. C’est un son qui s’est fait très naturellement. Certains trouvent que je parle un peu trop de mon frère mais c’est un truc dont je ne m’en séparerai jamais. Ça restera toujours dans mes écrits.

Quels sont les premiers retours sur l’album ?

Je n’ai eu que des retours positifs. C’est un album hyper profond. Ceux qui se le mangent jusqu’au bout, ce sont surtout ceux qui sont curieux et à qui l’album plaît. J’ai aussi des retours sur le fait qu’il n’y a pas de featuring, mais je réserve d’autres surprises ! (Rires).

Quels sont les titres qui ont le plus touchés le public ?

C’est surtout Charbon. Je ne m’attendais pas à ce que ce titre fonctionne autant. C’est le son le plus long de l’album, il dure quatre minutes. Il a doublé pas mal de sons de l’album ! C’est un morceau où je rappe de ouf. Il est un peu égo-trip.

Tu as donné deux releases party à Paris et à Bordeaux. Quelles sont tes impressions ?

C’était incroyable ! Ce n’était pas une release party comme les autres. J’ai passé quatre ou cinq heures avec des super fans, des gens qui me suivent et me soutiennent depuis mes tout débuts. Il y en avait à qui j’ai filé des CDs physiques. C’était une belle communion. Je n’ai qu’une seule hâte, c’est de défendre mon nouvel album en live.

Prépares-tu une nouvelle tournée ?

On bosse dessus avec mon équipe. On a envie de faire une tournée assez précise. De toute façon, chaque artiste a envie de faire « full » partout. C’est donc ce qu’on va essayer de faire et on va le faire au mieux. On sait où on veut aller et on va faire au mieux. Je trouve que le travail qu’on a fait avec mon équipe mérite tellement d’être accompagné d’un show légendaire !

Quelle est la salle parisienne que tu rêverais de faire ?

J’ai déjà fait La Boule Noire et la Maroquinerie. Si je pouvais faire Le Bataclan ce serait cool.

Comment décrirais-tu ton évolution artistique depuis ton premier EP Fernandez en 2020 ?

Je dirais que je sais où je vais maintenant. J’ai moins de crainte. Je connais un peu plus le milieu dans lequel je travaille. J’ai moins peur du risque. Je veux juste faire ce que j’aime. Il y a quatre ans, je me disais déjà que tout était possible. J’ai été bien entouré et c’est grâce à ça que j’y ai toujours cru.

Images : Collectif Blakhat. 

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