Ouvre les yeux, le monde devient celui que tu veux. C’est le titre du nouveau livre d’Erika Galland, fondatrice de Acapelart, présidente de l’association La voie des Arts et créatrice du podcast Moi je voulais juste être Madonna. Dans ce livre inspirant, Erika Galland revient sur son parcours et se confie sur ce rêve qui l’a toujours animée : devenir artiste. Elle en parle dans cette interview à Culture & Passions.


Culture & Passions : D’où vous est venue l’idée d’écrire un livre ?
Erika Galland : C’était un rêve d’enfant. J’ai toujours écrit depuis toute petite. Enfant, j’avais un journal intime que j’ai gardé pendant assez longtemps. Par la suite, j’ai participé à des ateliers d’écriture. J’ai écrit des chansons, des poèmes… Plein de textes que j’ai laissé dans un tiroir. Et un jour, j’ai eu envie d’écrire un livre mais ça me semblait tellement inaccessible. J’ai finalement décidé d’écrire. Avec ce livre et mon parcours, je veux inspirer les autres. J’ai quand même changé de vie complètement. J’ai réussi à me créer la vie que je voulais. J’ai vraiment la vie que je souhaitais. J’ai moi-même créé cette chance. Ce livre est intemporel. On peut même le lire dans 300 ans. Pour moi le livre, ça s’assoit encore plus et ça permet de transmettre pour les générations futures.
Vous êtes née en Normandie. Vous êtes issue d’un milieu plutôt conventionnel avec des parents médecins. Très tôt, vous chérissez l’envie de devenir artiste. Vous avez même intégré une chorale à l’âge de 5 ans. Est-ce qu’à ce moment-là vous rêviez déjà d’être Madonna, pour paraphraser le titre de votre podcast ?
Oui ! Mes parents m’avaient mis dans une chorale un peu par hasard. J’étais soliste alors que je ne savais ni lire ni écrire. Mais je me suis aperçue que j’aimais ça. Je me souviens que vers l’âge de 6, 7 ans, j’organisais des spectacles chez moi avec ma sœur ou une copine. Je faisais même payer l’entrée à mes parents ! (Rires). Donc il y avait déjà ce côté artiste, show girl en moi. Puis à l’adolescence, j’étais une grande fan de Madonna. C’était l’icône de l’époque. Je m’imaginais comme elle. Il y avait elle et Mylène Farmer. C’étaient elles mes deux icônes.
Un jour, à l’âge de 23 ans, alors que vous passiez un entretien d’embauche pour un CDI, vous avez croisé un ami de longue date. Pouvez-vous raconter cette anecdote ?
Je passais effectivement un entretien d’embauche pour mon premier CDI dans une grosse entreprise qui s’appelle Sodexo. L’entretien avait lieu dans un café à La Défense. Je voyais au loin un ami que je n’avais pas vu depuis super longtemps. Pour moi, c’était important d’aller saluer cet ami parce que j’étais contente de le voir plutôt que de rester à l’entretien d’embauche pour répondre aux questions. Et après coup je me suis dit : ‘Mais qui fait ça ?’ Ce qui est fou, c’est que ça n’a même pas choqué mon interlocutrice alors qu’elle était plutôt classique, pas très fun. Mais finalement, j’ai été prise. Je pense qu’en voyant mon audace, elle a dû se dire que je n’étais pas comme tout le monde. Ça prouve que quand on est soi-même et qu’on reste entier avec une pointe d’audace et de créativité, ça fonctionne.
Toutefois, à l’âge de 25 ans, suite à des rapports compliqués avec votre responsable, vous avez subi un mal-être qui vous a poussée à consulter un psychologue. Comment l’avez-vous vécu, vous et vos proches ?
J’étais à l’aube de la trentaine et je commençais à ne pas aller bien. J’étais pourtant si jeune. J’ai eu le courage d’aller voir un psychologue, ce qui n’était pas évident à l’époque. Ce n’était pas aussi développé que maintenant. Par contre, ma mère l’a très mal pris. Elle a eu peur, mon conjoint de l’époque aussi. Il pensait que j’étais folle. C’était très compliqué pour ma famille d’accepter ça.
Le pire arrive quelques temps plus tard lorsque vous êtes victime d’un accident de voiture alors que vous vous apprêtez à partir à La Rochelle. Avez-vous eu la peur de votre vie à ce moment-là ?
Sur le moment, je n’ai pas compris ce qui se passait. Il y a eu un ralentissement, on était à 130 km/h et donc j’ai freiné. C’est là que la voiture a commencé à partir en vrille. J’ai essayé de la redresser mais ce n’était pas possible. Je pensais vraiment que c’était la fin. Ce qui est fou, c’est qu’avec mon conjoint, on n’a heurté personne, aucune voiture. On a fait trois tonneaux, on s’est retrouvés sur le toit de la voiture qui était dans un état pitoyable. On s’est demandé comment ça se fait qu’on était encore vivants. C’était incompréhensible. Avec le recul, je me dis que cet accident a eu une raison d’être.
Est-ce qu’au fond cet accident de voiture a été un mal pour un bien ? Puisque qu’après avoir suivi une cure de repos forcée, vous avez fait un voyage initiatique au Nord de l’Inde où vous avez demandé votre conjoint en mariage avant de donner naissance à deux enfants : Eloise et Alexis…
C’est ça ! Etant fille de parents divorcés, je n’ai pas forcément une image positive de la famille. Je n’envisageais pas de me marier et encore moins d’avoir des enfants. Je vivais un peu au jour le jour. A la base, je suis partie en Inde avec une amie. C’est là-bas que j’ai vraiment découvert la spiritualité, notamment avec le bouddhisme. En rentrant, j’ai décidé de créer ma vie. Je me suis dit que ce n’est pas parce que j’ai des exemples négatifs autour de moi que je ne peux pas inverser la tendance. J’ai donc demandé mon conjoint en mariage puis nous nous sommes mariés, notre fille est née et notre fils est né quatre ans plus tard.
Dès l’âge de 30 ans, vous avez démarré l’apprentissage du solfège puis vous avez appris le piano en conservatoire pendant huit ans. Est-ce que c’était le début d’une révélation ou d’une nouvelle vie ?
Pas encore. Oui sur le plan personnel. Mais mes parents n’ont jamais voulu que je fasse du piano, je ne sais pas pourquoi. Mais depuis toute petite, j’ai toujours eu envie de faire du piano. Et lorsque j’étais enceinte de ma fille, je me suis inscrite au conservatoire. J’ai commencé à suivre des cours de solfège et de piano pendant huit ans. Quand je fais les choses, j’y fais à fond. Même aujourd’hui, je ne sais même pas comme j’ai fait pour gérer à la fois mon travail, mes deux enfants qui étaient tout petits et le piano pendant huit ans !
Plus tard, en 2020, vous créez Acapelart. Quelle est la genèse de cette entreprise ?
Le cheminement a démarré un peu avant 2020. En 2016, j’ai divorcé du père de mes enfants. C’était tellement un bouleversement que je ne me voyais pas changer de voie professionnelle. Puis en 2017, j’ai eu une relation de six mois avec un artiste. C’est avec lui que j’ai commencé à me dire que c’était possible de vivre du métier d’artiste. Plus tard, en 2018 ou 2019, j’ai suivi un coaching de reconversion professionnelle. Lors d’une séance de méditation, je me suis retrouvée petite à l’âge de 5 ans. Je me suis revue chanter sur scène. Je me suis rendue compte que c’était ça mon truc. Et un jour, j’ai eu l’idée de lancer Acapelart qui est une entreprise. L’idée est née pendant le confinement de 2020. Lors d’un week-end, j’ai recruté des personnes sur Facebook. J’ai monté un programme qui au départ était gratuit et puis ça a marché. Ensuite, j’ai commencé à monnayer et de fil en aiguille, ça a pris et Acapelart était lancé. J’ai même envie de dire : merci les réseaux sociaux !
Vous êtes également la présidente de l’association La Voie des arts. Pouvez-vous la présenter ?
Déjà, avec Acapelart, je voulais ouvrir le champ des possibles afin que chacun puisse s’exprimer. Puis après deux ans de société, je me suis aperçue que le fait d’être en entreprise privée, fermait des portes parce que les mairies et les collectivités avaient des subventions pour des associations auxquelles je ne pouvais pas avoir accès. Ce que je trouvais dommage. Ma mission était de rendre l’art accessible à tous. Du coup, j’ai créé une association qui s’appelle La voie des arts et qui a pour but d’aller dans les quartiers prioritaires d’une ville et de travailler avec les mairies. Pour les vacances de Noël, on a eu une aide de la mairie de Villejuif pour organiser des activités pendant les vacances. C’est pour les personnes qui ne partent pas en vacances ou ceux qui n’ont pas de famille. Je peux à la fois proposer des activités gratuites tout en payant les intervenants. Je me suis rendue compte que beaucoup de gens étaient artistes et qu’ils avaient cette capacité de créer, de dessiner etc.
Est-ce qu’aujourd’hui vous rêvez toujours d’être Madonna ?
(Rires). Je ne rêve plus d’être Madonna parce qu’elle est à l’intérieure de moi. Je suis Madonna tout simplement. Je ne ferai peut-être pas des scènes comme elle mais ce n’est pas grave. En attendant, je dédicace mon livre, je fais des interviews… Je suis un peu sous le feu des projecteurs.
Y’a-t-il malgré tout un ou plusieurs rêves que vous aimeriez concrétiser ?
J’ai un rêve : c’est celui de faire le tour du monde. J’adore voyager. J’aimerais aller dans divers endroits du monde afin de découvrir les différentes cultures. Cela fait un an que je voyage au moins une fois par mois. Récemment, j’étais au Maroc. J’ai fait un voyage à Malte avec mes enfants à Noel… J’ai créé quelque chose qui me permet d’être suffisamment flexible. L’avantage de la technologie c’est qu’on peut travailler n’importe où. Côté vie professionnelle, j’aimerais créer un centre de formation pour aider les gens à se reconvertir ou à travailler dans le domaine de l’art. Je projette aussi d’écrire un autre bouquin à l’avenir, faire une émission de radio ou de télé…
Pour finir, avez-vous un message à faire passer pour les personnes qui ont l’impression qu’il est trop tard ?
Moi, la question que je me pose toujours, c’est : qu’est-ce que je regretterai le plus s’il me restait un mois à vivre ? Je vais regretter de ne pas l’avoir fait. On ne sait pas combien de temps on reste sur terre. Soit j’aurai réussi, soit j’aurai échoué, mais au moins j’aurai tenté. Ce que je dirai aux gens c’est qu’est-ce qui vous empêche ? Mon livre montre que tout est possible ! Quand on veux, on y arrive !
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