Artiste émergente de la scène francophone, Mihlo est une autrice-compositrice et interprète touche à tout. La chanteuse a sorti en 2024 son premier EP intitulé Cage de verre. Entre ombres et lumières, Mihlo chante l’espoir autant que la mélancolie dans une interprétation sobre que viennent habiller des guitares arpégées, des chœurs funambules et des sons vintage. Le tout soutenus par des batteries électro aux couleurs plus modernes. Dans cette interview à Culture & Passions, Mihlo revient sur cet EP et son parcours.

Culture & Passions : Tu es la fille de l’actrice et metteure en scène Béatrice Agenin. Comment est née ta passion pour la musique ?
Mihlo : Cette passion n’est pas née quand j’ai commencé la musique. J’ai fait du piano parce que ma mère voulait que j’en fasse. Elle voulait que je joue d’un instrument. On avait un piano chez nous. Ça n’a pas du tout résonné chez moi au début. Je fais un peu partie des traumatisées du piano. La passion pour la musique est arrivée vers l’âge de 12 ans quand une copine à moi écoutait Notre-Dame de Paris. A ce moment-là, j’étais fascinée par le fait que Julie Zenatti, qui faisait partie de la troupe, n’avait que 17 ans. J’ai pu m’identifier à elle. Puis, il y avait des voix qui chantaient ensemble et les harmonies vocales m’ont fascinée. C’était aussi une période où il y avait beaucoup de comédies musicales comme Notre-Dame de Paris, Les Dix Commandements, Ali Baba, Roméo et Juliette… Et c’est là que je me suis vraiment mise à chanter. Par la suite, je me suis beaucoup plus intéressée à la musique pop, rock mais aussi la variété française comme Jacques Brel, Brassens… Cette passion pour la musique ne m’a plus quittée de mes 12 ans à aujourd’hui. J’ai d’ailleurs fait une école de musique à Pigalle. Par la suite, j’ai commencé à écrire mes propres chansons. J’ai même intégré un groupe de jazz et de soul.
Qui étaient les artistes dont tu admirais quand tu étais plus jeune ?
Il y a eu Julie Zenatti quand j’avais 12 ans. J’ai beaucoup écouté Zazie aussi. Ce que j’aimais surtout, c’était la manière dont la musique s’articulait et aussi le son des voix. J’aimais beaucoup l’indétrônable Sting. J’ai beaucoup écouté Mano Solo et Les Beatles. Après, je n’ai pas eu vraiment d’idole à proprement parler. Je ne m’identifiais pas tant que ça aux artistes.
Tu as sorti au printemps 2024 ton premier EP qui s’intitule Cage de verre. Comment est né le processus de création de l’opus ?
Ce processus est né d’un accident de parcours. Avant ce projet, j’avais un autre nom d’artiste (à préciser). Je travaillais notamment avec mon ex-compagnon qui était quelqu’un de toxique. Je me suis séparée de lui et de l’équipe avec laquelle je travaillais. Il y a eu une grosse remise en question sur où je vais artistiquement et pourquoi je fais ça. Du coup, j’avais envie de parler de ces rapports de force là. J’ai souhaité faire cet EP toute seule sous le nom de Mihlo. Je m’appelle Emilie et ce nom est proche de mon prénom. J’ai enregistré cet EP toute seule. Pour cela, j’ai fait une formation pour savoir comment enregistrer. J’ai tout enregistré chez moi. Dans cet EP, j’avais envie de parler à la fois d’espoir et en même temps parler des rapports de force. Ce projet s’appelle aussi « Cage de verre » pour raconter les cages qu’on ne voit pas.
Quels sont les sujets ou les thèmes que tu voulais explorer à travers ces cinq chansons ?
Il y a une chanson Et dansera la flamme qui parle d’une relation toxique et de l’espoir de s’en sortir. C’est l’idée de dire que pour survivre, il faut fuir mais parfois, on ne peut pas fuir. C’est bien ça le problème. La chanson L’heure du loup parle du viol conjugal où il n’y a pas de consentement mais en même temps pas d’absence de consentement. Dans Flou aquatique, je parle d’une histoire d’amitié qui a un peu mal tourné et où se dit que tout est flou. Des mots raconte une situation de couple où on se dit beaucoup plus d’horreur que de gentillesse. J’ai voulu parler de ces rapports où ce n’est pas clair, où il y a quelque chose qui ne va pas.
Comment a été reçu ce premier EP dans l’ensemble ?
Plutôt bien. Étant une artiste indépendante, je n’ai pas eu un accueil médiatique extraordinaire. Mais j’ai des retours très positifs de la part des gens autour de moi, y compris sur les concerts. J’ai une amie qui m’a dit : ‘Tes chansons me font du bien’ parce qu’elle sortait aussi d’une histoire difficile. Et moi, ça me fait du bien aussi de voir que mes chansons servent à quelque chose. J’avais envie de dire qu’il y a des situations qui ne sont pas évidentes mais en même temps, il y a de la joie aussi.
Tu prépares actuellement ton second EP, où en es-tu ?
Faut savoir déjà que l’enregistrement du premier EP m’a pris en tout trois ans. Autant sur le premier EP, je suis vraiment partie de ce que je voulais faire en studio et j’ai adapté le live à ce qui s’est passé en studio. Là, pour le second EP, je compte miser sur la formule live. Pour le coup, c’est un projet que j’enregistre en studio. Je sais plus où je veux aller. Entre-temps, j’ai rencontré des gens… Ça va être assez différent du premier EP.
En parlant de live, comment s’est déroulé ton concert à La Manufacture Chanson en janvier dernier ?
Très bien ! C’était ma première date parisienne avec mon musicien Pierre Mahler. On a eu de super retours. On en est très content !
Parallèlement à ta carrière solo, tu développes un projet de musique irlandaise dans lequel tu joues du bodhran. Peux-tu en parler ?
C’est un projet qui s’appelle Matao. Je joue du bodhran et du violon. Je chante aussi. On fait beaucoup de reprises. J’ai aussi un autre projet qui s’appelle Couleur Pomme en parallèle. L’idée c’était de faire un groupe à deux tout en reprenant des morceaux. C’est un exercice assez amusant.
Y’a-t-il des salles de concert où tu aimerais te produire ?
Il y en a plein. Je n’ai pas forcément de salles où j’aimerais particulièrement jouer. Je serais ravi de retourner à La Manufacture Chanson par exemple. J’aimerais beaucoup jouer aux Trois Baudets aussi. Mais j’ai surtout envie avant tout que mon projet grandisse. Aussi, parallèlement à ce projet, je joue un spectacle Notre Petit Cabaret avec ma mère Béatrice Agenin qui est comédienne. Il y aura sûrement une date en septembre et je pense qu’il y aura une petite tournée l’année prochaine. On avait fait le Lucernaire l’année dernière pendant deux mois. C’était très chouette.
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