Vers la lumière raconte l’histoire d’un jeune homme prénommé Yvan, passionné de football. Confronté à une maladie dégénérative de la vue, ce dernier se bat pour surmonter les obstacles et atteindre les sommets en devenant joueur de cécifoot. Vers la lumière est le premier court-métrage de l’acteur et réalisateur Muhammad-Lamin Touré en collaboration avec Will Lemba. Ce projet, à la fois intime et universel, s’impose comme une lettre d’amour à la résilience et un témoignage puissant de l’impact du cinéma sur les communautés. Culture & Passions a rencontré Muhammad-Lamin Touré lors de sa venue à Paris.


Culture & Passions : Comment est née l’idée de ce court-métrage ?
Muhammad-Lamin Touré : J’ai un ami qui faisait du cécifoot et que je côtoyais régulièrement. On se voyait souvent. A chaque fois que je le voyais, j’écrivais sur lui. Je prenais des notes au fur et à mesure, y compris sur la manière dont il s’exprimait. J’ai assisté à ses entraînements de cécifoot… Étant acteur de base, je voulais réaliser mon premier film et finalement, j’ai pu le tourner.
Es-tu sensible au harcèlement scolaire ?
Exactement, je suis très sensible à ça. Je ne l’ai pas vécu mais d’autres personnes l’ont vécu. Je n’ai pas été victime de ça parce que j’étais quelqu’un qui ne se laissait pas faire aussi (Rires). Je voulais montrer qu’il ne fallait pas laisser place à ce type de situation, à ce genre d’action. Après, je n’ai pas fait un film autour de ça mais je voulais quand même montrer que ce sont des choses qui se passent.
Comment s’est fait le casting ?
Il y a quelques acteurs que je connaissais déjà personnellement et que j’ai contacté en interne. Mais j’ai aussi fait un casting. Pour cela, je suis parti à Saint-Quentin, ma ville d’origine. C’est là que je suis né. J’ai soumis mon projet à une association qui s’appelle Les Guides Soleil et qui a accepté. En collaboration avec la ville de Saint-Quentin, on a pu organiser le casting, le tournage… La plupart des acteurs, je les ai choisis sur talent. Ils ont été très très professionnels. Même plus pros que moi. Il y a parfois eu des petits couacs au niveau du scénario, et ils ont réussi à relever ce défi. Et c’est ce que j’ai trouvé beau chez eux. J’ai aussi une pensée particulière pour Reda Benzora qui joue le coach et qui m’a accompagné de A à Z pour ce film. Il a été plus qu’un acteur pour moi. Il a été primordial dans ce projet. Autant il se levait à 6 heures du matin pour donner des cours aux jeunes acteurs, autant il est venu avec moi en repérage. Il a été énorme sur ce projet. C’est en grande partie grâce à lui si j’en suis là. Et big up à mon co-réalisateur Will Lemba qui a réussi à retranscrire ce que je voulais.
Comment décrirais-tu le personnage d’Yvan ?
C’est un jeune passionné par le foot et plus précisément le cécifoot pour les malvoyants. Il perdure, il progresse. Il a un engouement autour de lui. Il y a les médias qui viennent à sa rencontre. Ses parents sont derrière lui. Son père a aussi contribué à ce qu’il devient à la fin du film où c’est désormais un homme. Il devient très éloquent.
Quel est le message que tu voulais transmettre à travers le film ?
Le message que je voulais transmettre à travers ce film, c’est de ne rien lâcher. En tant que néo-réalisateur, je me retrouve aussi dans ce film. Cela fait un certain temps que je fais du cinéma. Je suis originaire de la Champagne-Ardenne et lorsque je viens en région parisienne, c’est aussi pour développer ce côté artistique. J’ai aussi beaucoup de refus. On sait que le cinéma est un milieu très fermé. Il faut connaître des gens, avoir beaucoup de relations. Mais j’ai décidé de prendre les devants et de créer moi-même mon projet. Dieu merci, il y a un bel engouement autour de ce film. C’est ma façon de me dire à moi aussi qu’il ne faut rien lâcher.
Le film a été tourné l’année dernière avant les Jeux Paralympiques de Paris. Penses-tu que ces Jeux ont mis davantage la lumière sur le cécifoot qui était assez méconnu ?
Bien sûr ! La preuve, la France a fini championne paralympique. C’est vrai qu’aujourd’hui les gens connaissent plus le cécifoot. Mais je trouve que ça manque encore de visibilité. Je trouve que les joueurs ne sont pas encore reconnus à leur juste valeur. Après, je ne suis pas non plus l’ambassadeur du cécifoot même si c’est un sport que j’admire, pour avoir participé à des entraînements, pour avoir aussi regardé les Jeux Paralympiques. Malgré ça, je trouve que les joueurs ne sont pas encore reconnus à leur juste valeur. C’est la raison pour laquelle j’inviterai l’équipe de France de cécifoot lors de l’avant-première. Et ils auront intérêt à venir ! (Rires).
Quels sont les premiers retours sur ce film ?
Ils sont magnifiques. Je n’ai pas de problème avec la critique, je la prends. Qu’elle soit négative ou positive, je me forge avec ça. Une fois que le film était sorti, j’étais prêt à tout encaisser. Mais en tout cas, j’ai été agréablement surpris par les retours. Ce film, c’était un travail de longue date. J’ai cravaché. Comme c’était ma première réalisation en plus, il y avait des choses que je ne maîtrisais pas. J’ai fait des erreurs qui me serviront mais j’ai appris.
Vers la lumière, un film de Muhammad-Lamin Touré et Will Lemba, 31 minutes, Avec Ibrahima Kaba, Sacko Camara, Souleymane Fall, Mickael Larade, Teipo Hahe, Lucie Gabossi Kakuta, Reda Benzora…
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