Pierre Welsh et Ella de Loria racontent Patti Smith dans leur dernier album

Pierre Welsh, chanteur et leader du groupe Oaks s’est associé à la chanteuse folk et guitariste Ella de Loria pour réaliser un album commun intitulé God Love Art & Desire dans lequel les deux artistes racontent l’histoire de Patti Smith et sa relation avec Robert Mapplethorpe décédé en 1989 à 42 ans. Pierre Welsh en parle dans cette interview à Culture & Passions.

La pochette de l’album God Love Art & Desire de Pierre Welsh et Ella de Loria disponible depuis le 25 avril 2025.

Culture & Passions : Comment est né ce projet d’album avec Ella de Loria ?

Pierre Welsh : En fait, le fil conducteur de l’album c’est l’histoire de Patti Smith et de Robert Mapplethorpe qui était son amant. Ils se sont rencontrés très jeunes à New-York. Patti Smith a raconté son histoire dans un livre qui s’appelle Just Kids que j’ai dévoré et que j’ai trouvé passionnant pour plein de raisons. Et donc j’avais en tête cette idée de raconter ça en quelque sorte. Je voulais que ça soit l’élément narratif d’un album. Et donc j’avais commencé à écrire un ou deux morceaux autour de ce thème. Et lorsque j’ai croisé Ella de Loria, ça m’a donné envie de reprendre ça. C’est comme ça qu’est né l’album. C’est la résurrection d’un très ancien projet que j’avais mis un peu sur une étagère et que j’ai eu envie de ressortir tout à coup.

Ella de Loria était-elle une évidence pour cet album ?

Oui, parce qu’on a joué un morceau ensemble en public. C’est une reprise du titre de Nick Cave et Kylie Minogue, Where the Wild Roses Grow. Ça s’est super bien passé, nos voix collaient hyper bien. Il y avait une vraie alchimie qui s’est dessinée à ce moment-là et on a eu envie de continuer à travailler ensemble. Et moi, comme j’avais déjà écrit deux morceaux, je l’ai invitée à venir chanter dessus. Ca fonctionnait tellement bien que j’ai eu envie d’aller plus loin. J’ai pensé faire un EP et puis finalement, on a fait un album.

Comment s’est passée la collaboration avec Ella de Loria ?

C’était merveilleux. On s’est très très bien entendus, à la fois d’un point de vue musical et d’un point de vue humain. C’est une vraie belle aventure humaine. Ça a été remarquable.

Quels sont les thèmes ou les sujets que vous vouliez mettre en lumière à travers les neuf chansons de l’album ?

Comme je l’ai dit précédemment, les chansons tournent beaucoup autour de l’histoire de Patti Smith dans Just Kids. Cela va de sa rencontre avec Mapplethorpe et de la manière dont leur relation s’est développée tout au long de leur vie jusqu’au décès de ce dernier en 1989. A sa mort, Patti Smith s’était promise de raconter leur histoire et elle l’a fait longtemps après. C’est une belle histoire, à la fois très romantique et très dure. C’est ça que j’aime, il y a une toile de fond. Ils sont très jeunes et il y a cette espèce de pureté dans leur relation à l’art et à leur amour aussi. C’est quelque chose qui est toujours resté hyper sincère. Du coup, ce que j’aime dans leur histoire, c’est la relation entre l’amour, l’art, le désir et la sexualité. Et aussi la religion parce qu’il y a ce rapport à la religion qui est toujours là.

Un album du même type sans Ella de Loria aurait-il été envisageable ou pas du tout ?

J’aurais pu mais ça n’aurait pas été le même album. Comme le thème ce sont deux artistes féminin et masculin, forcément s’il y a un chanteur et une chanteuse, ça permet de mettre ça en abîme. Mais en plus de ça, Ella de Loria apporte aussi sa touche musicale qui est plus qu’une simple interprétation. Elle habite tellement les textes, les compositions etc qu’elle les transforme en fait. Et donc, si j’avais enregistré l’album tout seul, ça n’aurait pas été la même chose.

Comment le public a accueilli cet album ?

On a de très bons retours, c’est très agréable. On a fait des concerts qui se sont très bien passés notamment un au Zèbre de Belleville. J’en garde un très bon souvenir. Le public a très bien réagi. Quand on est sur scène, on essaie de raconter l’histoire de Patti Smith. Beaucoup viennent nous voir à la fin en nous disant qu’ils ont aimé l’histoire et qu’ils ont adoré la manière dont nous l’avons restituée. On a aussi fait un concert au Café de la danse qui s’est très bien passé. On a eu aussi pas mal de retours de presse, notamment des chroniques. On en a eu une bonne trentaine.

Y’a-t-il d’autres concerts de prévus ?

Ella de Loria avait un projet depuis longtemps, celui d’aller faire le tour du monde en bateau. On va essayer de faire une ou deux dates en octobre lorsqu’elle reviendra en France. On refera probablement un clip ou deux. Elle fera aussi des voix sur des compositions que je compte enregistrer fin août. Il y a beaucoup de choses en préparation.

Et vous, quels sont vos projets ?

C’est un peu tôt pour en parler mais j’ai un projet autour du corps qui sera à la fois de la musique, du texte et de la danse. Dans mon dernier album avec The Oaks, j’avais un titre qui s’appelait Le Geste La Grâce. On a fait un clip avec une danseuse qui fait partie de l’Opéra de Lyon. C’est d’ailleurs elle qui a fait l’introduction du spectacle avec Ella de Loria. J’avais trouvé ça super. Je trouve que dans la musique pop-rock, c’est peu fréquent de mettre des danseurs classiques. Moi je n’avais jamais vu ça. Et je me suis dit que c’était quelque chose qui se mariait très très bien. Ce projet sera assez ambitieux parce qu’il y aura beaucoup plus de monde mais j’y tiens vraiment.

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