Après la première partie sur la genèse de la rumba congolaise, focus sur un monument du genre : François Luambo Makiadi alias Franco. Considéré comme le « Maître », il a marqué toute une époque et demeure une figure incontournable de la rumba congolaise et de la musique africaine grâce notamment à l’orchestre OK Jazz qui a fondé en 1956.

François Luambo Makiadi alias Franco voit le jour en 1938 à Sona-Bata près de Leopoldville. Fils d’un cheminot, il développe très tôt une fascination pour la musique. L’un de ses premiers morceaux s’intitule Bolingo na ngai na Béatrice (Mon amour pour Béatrice). Il s’impose par sa voix grave, sa stature imposante, son charisme naturel et son jeu de guitare hypnotique. Il raconte la rue, le quotidien, les amours blessés, les conflits familiaux. Bref, la vie sans filtre.
L’OK Jazz : une machine musicale
En 1956, Franco fonde l’incontournable orchestre OK Jazz avec Jean-Serge Essous. Ce groupe deviendra le plus légendaire de toute l’histoire musicale du Congo, aussi bien le Congo-Kinshasa que le Congo-Brazzaville. Il formera des artistes comme Sam Mangwana, Vicky Longomba, Madilu System ou encore Josky Kiambukuta. Ce groupe marque les esprits grâce à des titres comme Mario ou encore Jackie.
Franco meurt en octobre 1989 à l’âge de 51 ans des suites d’une longue maladie. Sa mort crée une onde de choc au Congo et dans toute l’Afrique francophone. Le « Grand Maître » laisse derrière lui un répertoire riche de plus de 1000 chansons et une empreinte indélébile dans la mémoire collective. Son héritage est double. D’un côté, Franco est considéré comme un patriarche de la rumba, un artiste total, un guide. De l’autre, il incarne aussi une époque : celle des grands orchestres et de la rumba comme langage de la ville. Il aura aussi servi d’inspiration à toute une génération d’artistes de Papa Wemba à Koffi Olomidé, en passant par Fally Ipupa et Ferré Gola surnommé « Le padre » qui est considéré comme l’un de ses héritiers.
A suivre : Partie 3 : Tabu Ley Rochereau, l’élégance de la rumba
