Tout quitter pour la bachata : le pari gagnant de Leslie Rutily

Championne du monde de bachata, Leslie Rutily, danseuse originaire de Nouvelle-Calédonie et installée à Clermont-Ferrand, s’est imposée sur les podiums internationaux après un pari audacieux : tout quitter pour vivre de sa passion. Dans un entretien accordé à Culture & Passions, elle revient sur son ascension, son amour pour la danse et ses projets ambitieux.

Culture & Passions : Tu es née en Nouvelle-Calédonie, d’où vient cette passion pour la danse ?

Leslie Rutily : Je suis gymnaste à la base. J’ai aussi fait de la natation synchronisée. J’ai décidé de me mettre au rock acrobatique et j’ai découvert la bachata lors d’une soirée. Au début, je n’aimais pas du tout la musique. Je trouvais que c’était une danse de vieux. Puis, je me suis mise à danser et je n’ai jamais arrêté.

Comment as-tu appris à danser la bachata ?

A l’origine, j’ai commencé à danser ça lors d’une soirée. J’ai pris de vrais cours lorsque je suis arrivée en France et que j’ai tout quitté pour la danse. J’ai décidé de commencer une nouvelle vie pour me consacrer à la danse. Je me suis formée avec des profs internationaux et connus mondialement. Je n’ai jamais arrêté, je n’ai fait qu’évoluer. Puis un jour, j’ai participé à un petit concours à Lyon et un coach nommé Yannick Elamari m’a découvert à ce moment-là. Il m’a proposé d’intégrer une équipe pour participer aux championnats du monde. J’ai dû refuser parce que j’avais déjà prévu mon billet d’avion pour rentrer en Nouvelle-Calédonie. C’était la famille en priorité. C’était une déception pour moi, depuis le temps que j’attendais cette opportunité. Mais avec beaucoup de chance, ce coach m’a rappelée pour l’édition d’après et j’ai fini par intégrer cette équipe. Et c’est là que ma carrière de danseuse a décollé en 2023.

Qu’est-ce qui te plaît dans la bachata par rapport à la salsa, le tango ou les autres danses de salon ?

Ce que j’aime dans la bachata, c’est le rythme latino qui fait que je suis emportée par cette musique. Et aussi la sensualité, le fait de vraiment connaître son corps et de chercher une connexion avec son partenaire.

Tu as été sacrée championne du monde de bachata avec le danseur Etienne Arnold dans la catégorie « over 35 » à Bologne en Italie. Quelles sont tes impressions ?

En fait, j’ai eu le double titre de championne du monde en « over 35 » mais c’est vrai qu’on n’a parlé que de mon titre avec mon partenaire. J’ai aussi un duo féminin avec ma partenaire Laura Lise Gomez. On a aussi eu le titre de championnes du monde en « over 35 ». C’était incroyable ! On ne s’y attend vraiment pas parce qu’il y a un niveau de fou. On se demande même en tant que petits français, qu’est-ce qu’on fout ici quoi ? Du coup, on se dit qu’on va donner le meilleur de nous-mêmes, s’amuser et transmettre un peu d’énergie au public.

Est-ce que tu te sens prête à défendre ton titre même aux Etats-Unis ou ailleurs dans le monde ?

Oui, c’est un rêve. Mais le problème, c’est que les Etats-Unis coûtent très très cher. Avec ma team, j’ai déjà été sélectionnée à Miami mais ça n’a pas abouti. On a fini par choisir le Mexique à Cancun parce c’était plus abordable au niveau des prix.

Tu exerçais en tant que comptable auparavant, es-tu plus épanouie dans ta carrière de danseuse ?

Oui, clairement. Je suis heureuse de faire ce que j’aime, je ne vais pas le cacher. C’est un boulot passion. Ça nourrit quand même même si ce n’est pas le même salaire que celui que j’avais lorsque je travaillais en comptabilité. Mais je suis heureuse de me lever le matin et de faire ce que j’aime.

Te verrais-tu devenir l’une des danseuses de Danse avec les stars ?

J’aurais bien aimé ! C’est le rêve de toute danseuse. Mais pour Danse avec les stars, il faut faire de la valse, du tango… Pour l’instant, j’ai besoin d’être à fond dans une danse pour pouvoir vraiment avoir l’expérience et transmettre. Mais je ne suis pas fermée à d’autres danses, bien au contraire. C’est hyper important de toucher à tout.

Quels sont tes projets pour la rentrée ?

Je vais passer une audition pour créer une team. C’est mon premier bébé. Je vais créer la chorégraphie pour emmener ma team aux championnats de France. J’en suis trop contente et j’espère que ça va bien se passer ! Je donne aussi des cours à l’école Ushine Clermont dirigée par Marine Labrandine à Clermont-Ferrand.

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