Auteur, compositeur, originaire de région parisienne, LaRude définit sa musique comme de la « poésie coup de poing ». Après un premier album L’An Fête dans lequel il aborde son appartenance à la communauté LGBT+, LaRude revient avec un second opus Cool Kid, une sorte de crise de la trentaine où il se livre sur des épisodes douloureux de sa vie. Il en parle dans cette interview à Culture & Passions.


Culture & Passions : Pourquoi ce titre « Cool Kid » ?
LaRude : C’est une chanson de l’album que j’ai écrite au retour d’un voyage à Montréal où j’y suis resté un an. J’avais envie de raconter ce que je vivais sur le moment. J’aime écrire ce que je ressens en chanson, notamment ce qui se passe dans ma vie à l’instant présent. Je vivais une séparation amicale qui m’a fait beaucoup de mal. Je me suis demandé pourquoi cette relation a tenu si longtemps alors que ça a explosé si fort. Je me suis rendu compte que j’étais dans un schéma où je voulais être absolument vu comme un « cool kid ». Le problème, c’est qu’on ne se rend pas toujours compte que l’amitié peut s’arrêter. On a l’impression que c’est pour toujours alors que pas du tout en fait. On change, on évolue. C’est humain. Il faut savoir laisser partir et se choisir.
Quels sont les autres sujets que tu voulais explorer ?
L’axe de l’album, c’est vraiment une crise de la trentaine. C’est le fait de se remettre au centre de sa vie. J’ai aussi voulu parler de ma sœur dans la chanson Macadam qui est un slam. Je raconte le fait que, lorsqu’on était petits, c’est elle qui s’occupait du ménage etc. On n’attendait pas la même chose d’elle et de moi. J’avais envie de lui faire une sorte de mea culpa en chanson en lui disant : « Pardon/C’est pas ma faute/Mais c’est quand-même un peu moi ». Dans Mon amour je m’en vais, je parle d’une rupture amoureuse avec un homme. Ce sont des thèmes qui ne sont pas forcément très joyeux mais j’aime en faire des chansons cools. C’est le cas de Monstre qui est une chanson dansante alors que ça traite du harcèlement scolaire. J’aime partir de moi et toucher un public universel.
Comment définirais-tu cet album ?
Je dirais que c’est un album de transition, de maturité et de prise de conscience. Autant au niveau des sujets que musical parce que j’ai écrit des chansons en voyant où ça aller me mener. Je trouve qu’il y a une patte LaRude qui s’est dessinée dans ce deuxième album.
Cet album succède à L’An Fête. Est-ce qu’il marque une maturité artistique pour toi où considères-tu être encore au stade d’apprentissage ?
Je pense qu’on apprend toute notre vie. Ce serait une bêtise de prétendre que l’on sait tout. Je n’ai aucune idée de ce que je vais faire demain. On apprend tous les jours. Même si je pense qu’il y a un pas vers moi-même qui est fait dans cet album, il y aura toujours de l’apprentissage.
Comment ont été reçus les titres Monstre, Cool Kid et Mon amour je m’en vais qui ont été dévoilés avant la sortie de l’album ?
Beaucoup d’amis m’ont dit que Monstre était leur chanson préférée depuis le début du projet. D’autres m’ont dit qu’ils n’aimaient pas du tout cette chanson. Je trouve ça super intéressant parce que l’art n’est pas censé plaire à tout le monde. C’est censé être clivant.
Tu vas avoir l’occasion de chanter les titres de ton album sur la Péniche Antipode ce lundi 22 septembre. Seras-tu seul ou accompagné ?
Nous serons deux sur scène. Je serai avec Bruno qui est multi-instrumentiste et qui m’accompagnera au piano. Comme je ne suis pas un artiste connu, j’aime faire découvrir mon univers aux gens.
Tu étais à Astaffort il y a quelques semaines dans le cadre de sessions d’écriture. Comment ça s’est passé ?
Super bien ! En fait, c’est un concept créé par Francis Cabrel il y a une trentaine d’années. Son but était de briser les solitudes artistiques. C’est un métier où tu passes la plupart du temps seul chez toi. Tu travailles seul sur ton projet et c’est une routine qui peut être assez déprimante. L’idée était donc de faire rencontrer plusieurs artistes sur des sessions. On était quinze et pendant sept jours, on a écrit des chansons qu’on a présentées devant un jury. Le jury en a sélectionné la moitié, puis on a fait un concert en première partie de La Grande Sophie. Ça s’est super bien passé. C’était la première fois où j’étais confronté à des artistes avec un niveau aussi solide.
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