Le Plancher de Jeannot reprend vie au MAHHSA

Depuis le 10 septembre 2025 et jusqu’au 18 janvier prochain, le Musée d’Art et d’Histoire de l’Hôpital Sainte-Anne (MAHHSA) à Paris propose une exposition singulière intitulée L’invention d’une écriture. Le Plancher de Jeannot et les œuvres de… Un événement qui redonne vie à une œuvre bouleversante, à la croisée de la folie, de la littérature et de l’art contemporain.

Après une première présentation centrée sur l’histoire et l’archéologie de l’objet, le MAHHSA choisit cette fois de considérer le Plancher de Jeannot comme une œuvre à part entière, en dialogue avec l’art du XXe siècle. L’idée ? Ne plus l’enfermer dans une lecture clinique ou biographique mais le replacer dans le grand récit de la création, aux côtés d’artistes qui ont eux aussi exploré les frontières entre écriture et image.

Salle d’exposition, exposition Vivre en peinture. Corinne Deville (1930-2021) © CEE-MAHHSA

Un parquet devenu manifeste

Tout commence avec Jean Crampilh-Broucaret (1939-1972) surnommé « Jeannot ». Dans la solitude de sa chambre, il grave 68 lignes de texte sur le plancher de chêne massif où il vivait. Un espace de 13 m² transformé en cri silencieux. Découvert en 1993 par le neuropsychiatre Gucréey Roux dans une ferme béarnaise, ce plancher devient aussitôt un objet de fascination. Exposé à partir de 2007 à l’hôpital Sainte-Anne, il a récemment bénéficié d’une restauration complète avant d’être à nouveau présenté au public.

Jean Crampilh-Broucaret, Le Plancher de Jeannot, section 1 dite « grande section », 1971, gravure à la perceuse et au couteau à bois sur lattes de plancher en bois de chêne, 16m², inv. 1777. Photo : Kevin Sonsa-Kini. 

Un dialogue avec Picasso, Michaux, Tàpies…

Le parcours s’articule autour de quatre grands thèmes : Glyphes, trames, lettres, calligraphie ; La Lettre volée ; La mise en œuvre du subjectile ; et Maisons. Chaque section met en regard le parquet gravé de Jeannot avec des œuvres de Pablo Picasso, Henri Michaux, Antoni Tàpies, Roland Barthes, Kurt Schwitters, Niki de Saint Phalle, Artaud, Lucio Fontana ou encore Günther Uecker.

Daniel Dezeuze, Pièce de gaze, 1978, Collection Frac Picardie (Amiens). Photo : Kevin Sonsa-Kini.

Entre art et humanité

Au-delà de la fascination esthétique, l’exposition propose une réflexion sur l’acte d’écrire et de créer comme besoin vital. On s’aperçoit que Le Plancher de Jeannot n’est pas seulement un texte, c’est une respiration dans la matière. En associant cette œuvre intime à des figures majeures de la modernité, le MAHHSA rappelle que l’art naît souvent dans les marges, là où le langage vacille. L’invention d’une écriture n’est pas seulement une exposition : c’est une rencontre entre un homme et le monde de l’art, entre le cri et la création, entre la folie et la forme.

L’invention d’une écriture. Le Plancher de Jeannot et les œuvres de

Du 10 septembre 2025 au 18 janvier 2026 au Musée d’Art de d’Histoire de L’Hôpital Sainte-Anne

1, rue Cabanis, 75014 Paris (Métro Glacière, Ligne 6)

Ouvert du mercredi au dimanche de 13h à 18h.

Site : https://musee.mahhsa.fr/

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