Charlotte Schioler signe une fable moderne et burlesque dans « Maoussi »

Avec Maoussi, la réalisatrice Charlotte Schioler signe une fable tendre et burlesque inspirée de sa propre histoire : la rencontre entre Babette, Danoise installée en France, et Edo, réfugié congolais en mode survie, rejoints par une petite souris aussi fragile qu’essentielle. Sélectionné à l’ArteKino Festival, le film explore avec sensibilité l’altérité et les amours désynchronisées. Culture & Passions a rencontré Charlotte Schioler lors de l’avant-première de Maoussi qui s’est tenue au cinéma Saint-André des Arts le lundi 1er décembre 2025.

L’affiche de Maoussi, le film de Charlotte Schioler.

Synopsis : Quand par hasard, Babette (Charlotte Schioler) est amenée à partager son appartement parisien avec Edo (Moustapha Mbengue), un réfugié congolais, Maoussi, une souris en fuite, se pointe aussi et chamboule leur quotidien. Elle s’immisce entre les deux étrangers tel un enfant adopté et les contraint à faire face à leurs attentes divergentes de l’amour.​

Culture & Passions : De quoi vous êtes-vous inspirée pour l’écriture de Maoussi ?

Charlotte Schioler : Je me suis inspirée d’une relation que j’ai vécue avec un réfugié congolais il y a très longtemps. Je n’avais pas compris qu’il était en mode survie. C’est quelque chose que je ne connaissais pas, étant donné que j’ai grandi au Danemark. Je n’avais pas mesuré la peur que mon partenaire avait à l’idée de se faire renvoyer. Je me disais qu’il aurait forcément ses papiers grâce à ses talents de musicien. Il était percussionniste. C’est ce que j’avais voulu retranscrire dans le film.

Ce vécu vous avait-il profondément marqué au point d’en faire un film ?

Ah oui ! J’entends souvent parler des réfugiés de manière générale mais derrière le mot « réfugiés » se cachent des êtres humains comme nous. Il y a tellement de gens qui viennent d’autres pays et qui enrichissent la culture française ou européenne. J’ai connu beaucoup de réfugiés dans ma vie et pour moi, ce sont des héros parce qu’arriver en France et entreprendre, ce n’est pas évident.

Maoussi est le nom d’une souris qui figure dans le film. Elle est même un personnage à part entière. Pourquoi une souris justement ?

J’ai choisi la souris d’abord parce que j’en ai croisé plusieurs dans ma vie. La souris est toute petite, fragile. Elle symbolise ce lien fragile entre ces deux êtres, Babeth et Edo. Dans le film, Maoussi est un être attachant sauf dans la scène avec le dératiseur ou elle prend un autre sens.

D’ailleurs, votre personnage s’effondre totalement lorsque Maoussi meurt…

Oui. Par le passé, j’avais perdu aussi une souris et ça m’a traumatisée. Je venais de déménager à New-York, j’avais trouvé un appartement à Harlem et quand l’hiver est arrivé, je me suis aperçue qu’il n’y avait pas de chauffage, il y avait des souris. J’ai dû faire un procès au propriétaire et pour avoir des preuves, j’ai acheté une souris pour la prendre en photo car celles qui étaient dans l’appartement étaient trop rapides pour que je les prenne en photo. Ensuite, je l’ai gardée, mais elle est tombée malade à cause du manque de chauffage et J’ai dû voir un vétérinaire qui m’a coûté 100 dollars. Puis je suis partie à Paris, mais aucune compagnie aérienne a voulu me vendre un billet pour la souris et j’ai dû la cacher sur moi. Elle a fait plusieurs aller-retours avec moi, mais un jour, cachée sur mon corps, elle s’est étranglée dans mon soutien-gorge. Moi qui n’avais pas d’enfant, je me suis rendu compte que si je n’étais même pas capable de m’occuper d’une souris, comment aurais-je pu m’occuper d’un enfant ? C’est d’ailleurs ce que dit le personnage d’Edo dans le film.

Comment s’est passé le tournage avec Moustapha Mbengue ?

Très bien ! C’est un acteur super, très ouvert, très disponible dans le jeu et avec un coté enfant. C’est très agréable de travailler avec lui. On a beaucoup répété ensemble. Il avait aussi besoin d’apprendre le français. Il a travaillé avec un coach pour ça.

LE FILM MAOUSSI EN INTÉGRALITÉ ICI :

Charlotte Schioler sur les réseaux :

Site officiel du film : https://www.maoussilefilm.com/

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