Moustapha Mbengue : de la scène musicale au cinéma dans « Maoussi »

Révélé au Festival de Cannes dans Amin de Philippe Faucon, Moustapha Mbengue poursuit un parcours singulier entre cinéma, musique et danse. Dans Maoussi de Charlotte Schioler, l’acteur incarne Edo, un artiste africain confronté aux réalités administratives et sentimentales de l’Europe contemporaine. Le film a récemment remporté le Prix de la Meilleure Comédie Romantique au Festival de Capri, tandis que Moustapha Mbengue s’est vu décerner le Prix d’interprétation, saluant une performance à la fois sensible et profondément ancrée dans son propre vécu.

Culture & Passions : Comment avez-vous été approché pour jouer dans Maoussi ?

Moustapha Mbengue : J’avais joué dans des films comme Amin ou Les cinq diables que Charlotte a dû voir. Elle m’a contacté pour faire Maoussi et on a commencé à travailler. Elle est venue en Italie, elle m’a montré le texte, puis nous sommes venus à Paris où on a beaucoup, beaucoup travaillé. Avant d’arriver dans le monde du cinéma, j’étais musicien. J’ai joué dans des opéras en Italie.

Qu’est-ce qui vous a plu dans le scénario du film ?

Pratiquement tout. Elsa Wolliaston, qui joue Nora, a voyagé dans beaucoup de pays d’Afrique. Elle connaît bien la danse africaine. Dans ce film, il y a la musique, la danse… mais il y a aussi le problème de l’immigration, tous les problèmes de papiers.

Vous vous êtes-vous reconnu dans le personnage d’Edo ?

Oui, j’ai moi-même vécu en Afrique comme mon personnage. Nous, les artistes africains, venons en Europe. On va dans les écoles de danse, de percussions. C’est là-bas que j’ai rencontré ma femme. La musique nous donne aussi la possibilité d’approcher les gens à travers des concerts.

On remarque dans le film que votre personnage et celui de Babeth ont parfois du mal à s’entendre…

Oui, parce que nous avons deux cultures différentes. Il y a d’un côté, le Congolais et de l’autre, la Danoise. Dans le film, mon personnage a aussi des problèmes de documents. Et s’il n’a pas les documents, il ne peut pas être tranquille. C’est la réalité. 

Image en une : Studio Fidemi.

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