« L’Empreinte » de Fania : une œuvre-mémoire entre Afrique, spiritualité et humanité

Avec L’Empreinte, Fania signe un retour profondément introspectif et spirituel. Enregistré à Dakar, son cinquième album explore la mémoire, la Terre et les luttes humaines à travers une musique organique mêlant traditions africaines et influences contemporaines.

La pochette de L’Empreinte, le dernier album de Fania sorti le 17 novembre 2025.

Avec L’Empreinte, Fania signe un retour profondément symbolique et introspectif. Plus qu’un disque, l’artiste le conçoit comme une trace laissée par le vivant, un reflet sensible de ce qui l’entoure et la traverse. « Comme tout est vivant autour de moi, je suis un peu l’empreinte de ce qui vit autour de moi, confie la chanteuse rencontrée à Paris. Je me considère un peu comme une empreinte de ce monde. » Une déclaration qui éclaire toute la démarche de ce nouvel opus, où musique, mémoire et spiritualité s’entrelacent.

Enregistré à Dakar, au Sénégal – terre natale de Fania – L’Empreinte puise son souffle dans un retour aux sources aussi bien géographique qu’intime. Après plusieurs années sans sortir d’album, Fania a choisi de quitter Paris, de prendre son piano et de revenir en Afrique pour retrouver « un nouveau souffle ». Un temps long, nécessaire, pour rassembler des musiciens, recréer une alchimie et laisser mûrir une œuvre pensée comme une quête. Le résultat est un album à la fois organique et contemporain, mêlant sons « très roots et influences occidentales », dans une écriture musicale profondément habitée.

Un pont entre tradition et modernité

A travers les huit titres de l’album, Fania explore des thèmes essentiels, presque universels. Il y a d’abord le sujet de l’eau que la chanteuse estime « très importance dans nos vies ». La lutte, avec le titre Interlutte, où elle évoque le fait de « lutter contre quelque chose », qu’il s’agisse de combats intérieurs ou collectifs. L’album parle aussi de cet état d’entre-deux, « vivre entre deux mondes », une réalité qui traverse le parcours de l’artiste depuis toujours, entre Afrique et Europe, tradition et modernité.

Musicalement, L’Empreinte se déploie comme une méditation sonore. Le chant grave et épuré de Fania glisse du wolof au français, du peul à l’anglais, porté par des instruments acoustiques – kora, ngoni, calebasse, percussions – et des arrangements subtils qui laissent respirer les silences autant que les émotions. Chaque morceau agit comme une confidence, un cri ou une prière. Indigo rend hommage aux ancêtres et à l’histoire douloureuse de l’esclavage. Five Fingers est un appel à la paix tandis que Niene célèbre la Terre-Mère et interpelle sur la responsabilité humaine face aux ressources naturelles.

Si les concerts viendront dans un second temps, Fania souhaite d’abord laisser vivre l’album. Elle nourrit aussi le désir de se produire davantage en Afrique, un continent avec lequel elle n’a pas encore pu tisser de véritables tournées scéniques. A l’image de l’album, cette attente semble faire partie du processus : laisser le temps à l’empreinte de se déposer.

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