Avec Journal d’une adoptée, Claïmax livre un premier EP à la fois intime et habité, à la frontière du récit personnel et de l’autofiction. Nourri par son histoire singulière, ce projet mêle poésie, musique et influences multiples pour explorer des thèmes universels comme l’identité, l’amour ou le déracinement. Entre fragments de vie et quête initiatique, l’artiste façonne une œuvre sensible et sans détour, où la parole se libère là où les mots seuls ne suffisent plus. Rencontre.

Culture & Passions : Ton EP s’intitule Journal d’une adoptée. Tu as toi-même été adoptée. Quelle enfance as-tu eue ?
Claïmax : Je suis originaire d’Haïti. J’ai été adoptée à l’âge de 3 ans et demi en France. J’étais fille unique, pas de frère et sœur. Je vivais dans un appartement avec un petit jardin à côté. Mon père dormait dans le salon et moi, dans la chambre. On vivait à la campagne et ça a duré jusqu’à mes 18 ans. Mais j’ai eu une enfance plutôt tranquille.
A quel moment tu t’es rendue compte que tu avais été adoptée ?
Enfant, je ne me posais pas la question. Mais à l’école, on me demandait toujours : ‘Pourquoi t’es noire et tes parents sont blancs ?’ Un jour, j’ai moi-même posé la question à mes parents. Ils ont été très cash et m’ont tout dit. Je ne savais pas trop ce que ça voulait dire d’être adopté mais j’ai accepté.
Qu’as-tu voulu raconter à travers les sept titres de l’EP ?
De base, ce projet ne devait pas vraiment parler d’adoption. Mais de fil en aiguille, chaque chanson a été écrite à des moments différents. Ca devenait un peu un parcours initiatique. On se demande par quoi on passe quand on est jeune et qu’on arrive dans une grande ville. On se pose des questions sur ses parents et son identité, mais aussi sur l’amour. Etant donné que j’ai une histoire particulière avec ma famille, je voulais me demander quelle influence cela a dans le rapport de choix de vie, d’amour etc. Je trouvais ça cool de me présenter sous cet angle-là, sachant qu’on ne parle pas beaucoup de l’adoption dans les chansons. C’est encore un sujet un peu tabou et je voulais casser un peu ça.
L’EP s’ouvre avec le Prélude où tu cites plusieurs femmes, notamment ta mère biologique et ta mère adoptive…
Oui. C’était important de les citer toutes parce que ce sont les femmes qui m’ont vraiment aidé à me construire.
Est-ce que d’une certaine manière, le fait d’être une enfant adoptée t’a aussi rendue plus forte ?
Je ne sais pas si ça m’a rendu plus forte mais c’est sûr que j’ai vécu des choses que d’autres gens ne vivront jamais de leur vie. Et vu qu’aujourd’hui je suis encore en vie, forcément je suis plus forte à certains endroits que d’autres. Mais c’est juste parce que j’ai vécu ça que j’en ai fait quelque chose et que je n’en suis pas morte comme on dit.
Tu as eu l’occasion de chanter les titres de l’EP lors de ton showcase au Mob’House de Saint-Ouen en janvier dernier. Quelles sont tes impressions ?
C’était à la fois très stressant et très cool de pouvoir jouer là-bas. Techniquement, étant donné que c’est un bar, les gens n’étaient pas vraiment là pour moi. Donc forcément, il faut un peu les capter. En tout cas, j’étais contente de faire ma première scène là-bas et je suis prête à en faire d’autres. Je pourrai les aborder de manière un peu plus sereine. De plus, les équipes d’AK Communication ont fait un travail formidable et je les remercie vraiment. Sans elles, je n’aurais pas pu avoir toutes ces opportunités.
Y’a-t-il d’autres salles de concerts que tu aimerais faire à l’avenir ?
J’aimerais beaucoup jouer à l’Olympia ou à La Cigale. On verra les opportunités qui se présentent à moi.
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