Avec son nouvel album Les mots modernes, qui succède à Le modèle réduit de nos pensées sorti en 2020, David Delabrosse signe un retour tout en finesse, entre chanson poétique et regard lucide sur le temps qui passe. Nourri par une écriture à la fois intime et malicieusement aigre-douce, l’artiste rennais interroge l’époque, l’âge et la place que l’on y occupe, sans jamais perdre le goût du jeu ni celui des mots. Un nouvel album sensible et cohérent, porté par une plume libre et une envie intacte de raconter le monde autrement. Rencontre.

Culture & Passions : Pourquoi ce titre « Les mots modernes » ?
David Delabrosse : J’ai voulu évoquer le fait de se sentir encore dans le coup, après un certain âge. C’est un album sur le thème de l’écriture. Mais ça parle aussi de l’âge, de l’époque… C’est la faculté de se demander si on est encore dans le coup ou pas. Quand tu as 30 ans, tu peux déjà te dire que tu es has-been par rapport à ceux qui en ont 20. Quand tu as 40 ans, tu es has-been par rapport à ceux qui en ont 30… Bref, c’est infini.
On y retrouve un duo avec le chanteur Piednoir sur le titre Équilibre Délicat. Qui est-il et comment s’est passée la collaboration avec lui ?
Piednoir (de son vrai prénom Denis) est quelqu’un que j’ai rencontré pour la première fois lors des Rencontres d’Astaffort. Ce sont des résidences d’écriture instaurées par Francis Cabrel. Ils avaient réuni une quinzaine d’auteurs-compositeurs-interprètes pour travailler ensemble. L’idée était d’écrire une chanson par jour, par petits groupes, et en partant de rien. C’est là qu’avec Denis on a écrit Équilibre Délicat. Cette rencontre a été déterminante parce que c’est là que j’ai senti qu’elle allait largement dépasser ce moment à Astaffort. Du coup, nous avons continué à travailler ensemble.
Comment a été reçu l’album depuis sa sortie ?
La réception est plutôt bonne. En tout cas, je n’ai pas eu de mauvaise critique pour l’instant. Enfin, ceux qui ne l’aiment pas, je pense qu’ils n’écrivent pas dessus, tout simplement.
Quelles sont les chansons sur lesquelles tu as eu le plus de retours ?
Il y a Une longue lignée où je cite Valéry Giscard d’Estaing. D’ailleurs, quand je la joue sur scène, il y a un tableau de lui dans sa tenue de président. J’ai aussi pas mal de retours sur En cinquantaine, c’est un type de chanson qui me plaît bien. Avant la sortie de l’album, j’avais sorti des titres comme On a beau se connaître, Équilibre délicat, Envie de changer et Les mots modernes. En fait, il n’y a pas une chanson qui se démarque plus qu’une autre. C’est ça qui me plaît bien dans cet album, c’est qu’il y a une vraie cohérence d’ensemble.
Y’a-t-il des concerts de prévus autour de l’album ?
Oui, carrément. Je vais jouer dans le cadre du festival Mythos à Rennes dont je suis originaire. Ce sera le 6 avril, lundi de Pâques, à 18h. Tout est en train de se caler. J’espère que j’aurai plein de concerts à annoncer pour la saison prochaine.
Prévois-tu de donner également une date sur Paris ?
Si tu as un plan, tu me dis ! En tout cas, j’ai proposé mon album aux Trois Baudets. En tout cas, j’espère que j’aurai l’occasion de présenter mon album sur Paris. J’ai aussi pensé à L’Archipel. C’est un lieu qui peut très bien correspondre à mon type de musique.
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