Reyan Restani entre souvenir et deuil dans « Douceur »

Entre néoclassique et influences orientales, Reyan Restani développe un univers délicat et introspectif, où chaque composition se vit comme un paysage intérieur. Avec Douceur , premier extrait d’un EP à venir, l’artiste explore les thèmes du souvenir, du deuil et des liens qui nous façonnent, dans une approche à la fois mélancolique et lumineuse. Rencontre avec un artiste qui marche probablement sur les traces de Sofiane Pamart.

La pochette de Douceur, le dernier single de Reyan Restani distribué par Nordic Euphony Records.

Culture & Passions : D’où vient cette passion pour la musique et le piano notamment ?

Reyan Restani : Je me suis longtemps demandé d’où venait cette passion mais je me suis rendu compte dans mes souvenirs que la musique m’a toujours accompagné. Ma mère est actrice. Mes grands-parents étaient peintres et musiciens. J’ai toujours baigné dans un univers où l’art avait une place. Je me souviens que, lorsque j’étais petit et que j’allais chez quelqu’un qui avait un piano, je voulais toujours qu’on m’apprenne un morceau. En voyant ça, ma mère m’a offert des cours de musique. Elle s’est rendue compte que j’aimais ça. Elle m’a donc offert des cours de guitare. C’est un instrument qui est plus accessible financièrement pour commencer la musique. Mais quand je suis allé prendre des cours de guitare, je me suis rendu compte que c’était du piano que je voulais faire. A chaque fois que mon cours de guitare s’achevait, j’allais vite toucher le piano. Même mon prof de musique s’en est rendu compte.

Qui étaient les artistes qui t’inspiraient lorsque tu étais plus jeune ?

Il y a un artiste qui a eu un déclic assez important pour moi : c’est Ray Charles via le film Ray. A la base, je ne voulais pas aller voir ce film, c’est ma mère qui m’a poussé à venir au cinéma. Et j’ai adoré le film. C’est peu de temps après que ma mère m’a offert ces cours de musique. Symboliquement, c’est Ray Charles qui m’a ouvert les portes du piano. Ensuite, l’un des compositeurs que j’ai beaucoup aimé et que j’aime toujours, c’est Ludovico Einaudi. Au-delà de ma découverte du piano quand j’étais jeune, j’ai aussi découvert la composition. Quand j’ai commencé le piano, j’ai tout de suite voulu composer. Malheureusement, je n’ai jamais eu l’occasion d’aller voir Ludovico Einaudi en concert car il est sold-out tout le temps !

Tu as récemment sorti le single Douceur. Pourquoi ce titre ?

C’est un morceau qui s’inscrit dans la globalité de l’EP que je m’apprête à sortir. Il raconte le deuil de quelque chose qu’on a pu avoir et qu’on n’a plus aujourd’hui. Ce titre questionne plutôt le deuil qu’on peut faire d’une relation amoureuse ou amicale. La relation commence tout petit parce qu’on ne se connaît pas beaucoup, on apprend à se connaître. Et petit à petit, la relation se construit. C’est ce que raconte le titre Douceur.

Comment a été reçu ce titre depuis sa sortie ?

Assez bien, j’en suis très content. C’est l’une de mes meilleures sorties. Beaucoup de gens m’ont envoyé des messages en me disant que le morceau a fait écho chez eux, à un certain moment de leur vie. Ils aiment aussi la douceur de ce morceau-là. J’ai hâte de voir la suite.

A quoi peut-on s’attendre pour le prochain EP ?

Comme je l’ai dit précédemment, c’est un EP autour du souvenir et du deuil mais mêlé à de la nostalgie. Je veux mettre en valeur ces périodes de ma vie qui ont été importantes, les célébrer d’une certaine manière. C’est un EP qui est assez varié, éclectique et c’est important pour moi. Il y a des morceaux calmes et d’autres plus dansants. En tout cas, cet EP représente toutes les facettes de ma vie et de ma personnalité en tant qu’artiste.

Prévois-tu de faire des lives ?

Il n’y aura pas forcément de lives avant la sortie du projet en soi. En revanche, dès septembre, je prévois de faire des concerts et notamment une release-party début octobre. Je veux prendre le temps de faire une résidence et arriver à la rentrée avec un spectacle construit autour du message que je transcris dans l’EP.

Envisages-tu de faire une collaboration avec Sofiane Pamart, qui est pianiste comme toi ?

Si l’occasion se présente, oui ! Avec grand plaisir. C’est un artiste qui a contribué à populariser le piano auprès du grand public. On avait tendance à penser que le piano était plus destiné à ceux qui aiment le classique, c’était moins ouvert à tous publics. Et Sofiane Pamart a réussi, avec le prisme du rap, à ouvrir le piano au grand public. Aujourd’hui, c’est très difficile de trouver sa place dans ce monde là où Sofiane Pamart est omniprésent. Mais c’est un excellent pianiste et ça nous pousse, nous pianistes, à donner le meilleur de nous-mêmes et à nous démarquer des autres pianistes. Aussi, on a complètement oublié le fait que la musique pouvait simplement être instrumentale, au même titre que la musique électro qui n’est qu’à base d’instru. C’est le cas aussi dans le jazz. Et les artistes, comme Sofiane Pamart, permettent de remettre ça au goût du jour.

Image en une : BalikVision.

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