« Aujourd’hui pour toujours » : rire malgré la maladie

Comment parler de la maladie et de la fin de vie sans renoncer au rire ? C’est le pari d’Aujourd’hui pour toujours, une pièce écrite par Esther Coudreau et dans laquelle elle incarne Brune, une jeune femme atteinte d’une maladie neurodégénérative qui tente de rester « la plus vivante possible », entourée de son mari et de ses amis. Une pièce hilarante et émouvante que Culture & Passions a pu découvrir au Théâtre Le Funambule Montmartre, avant de rencontrer Esther Coudreau pour évoquer sa création et les premières réactions du public.

Culture & Passions : Comment est née l’idée de cette pièce ?

Esther Coudreau : Ma grand-mère est morte de la maladie d’Alzheimer. Je m’étais toujours dit que j’allais lui rendre hommage. Je sais aussi que c’est une maladie qui touche énormément de gens. J’avais envie de trouver un moyen de parler davantage de la vie que de la maladie et de la mort. Mais comme je ne voulais pas prendre le risque de parler de la maladie d’Alzheimer en tant que telle, j’ai décidé d’inventer une maladie sur laquelle on peut rire, qui amène plein de situations rocambolesques, etc.

Vous incarnez Brune, une jeune femme en couple et entourée d’amis, Anastasia, Ève et Noé, atteinte d’une maladie neurodégénérative. Comment décririez-vous votre personnage ?

Elle essaie toujours d’être la plus vivante possible et de s’accrocher à ses rêves. Mais en même temps, elle doit accepter l’idée que c’est la fin, malgré son jeune âge. C’est quelqu’un qui aime profondément ses amis et son mari. Elle a des moments de lucidité assez brefs et n’a pas toujours conscience des choses.

Quelles sont les premières impressions du public depuis le démarrage de la pièce, le 10 septembre dernier ?

Les gens passent véritablement du rire aux larmes. Ça fait écho à beaucoup d’histoires, et les gens s’autorisent à en rire, ce qui leur fait beaucoup de bien. Ils sortent aussi avec plein d’espoir et ça les fait réfléchir sur l’urgence de vivre. On a un public assez hétéroclite, de tous les âges. C’est tout ce qu’on espérait.

Quelques mots sur la pièce Anti Cocon que vous avez jouée l’été dernier au Festival d’Avignon avec Faustine Astruc. Quel bilan faites-vous ?

On est très contentes parce qu’on a eu un public qui était vraiment au rendez-vous. La pièce fait rire et réfléchir, et on sent que les gens en ont besoin, surtout en ce moment, au vu du chaos dans le monde. Cette pièce est une véritable parenthèse d’humour qui fait beaucoup de bien.

Aspirez-vous à jouer cette pièce à Paris ?

Oui, bien évidemment ! Pour le moment, nous sommes en recherche et on espère l’Olympia en 2027. On attend leur coup de fil !

Aujourd’hui pour toujours, une pièce d’Esther Coudreau. Avec Florence Colcombet, Esther Coudreau, Ferdinand Delage, Tabatha Dutoit et Thibaut Melallier. Mise en scène : Louis Djabali, assisté de Benjamin Martini. Visuels et tableaux : Manon Siegler. Production : Glaçons caféinés. Durée : 1h20.

Au Théâtre Le Funambule Montmartre (53, rue des Saules, Paris 18e) jusqu’au 4 octobre 2026. Du jeudi au samedi à 19h ou 21h et le dimanche à 18h ou 20h.

Site web : https://www.funambule-montmartre.com/

La Compagnie Glaçons Caféinés sur les réseaux :

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