Adonis dans la peau d’Apollon dans La danse des moustiques

La danse des moustiques est le nouveau livre d’Adonis Megnizoun, artiste auteur, compositeur d’origine béninoise. Il raconte les aventures d’Apollon Boza, jeune homme africain aux ambitions démesurées qui se voit comme le plus grand musicien que Paris n’ait jamais applaudi. Sa mère ne l’en dissuade pas, au contraire, elle l’encense. Elle se démène pour réaliser la folie de son fils. La danse des moustiques ou comment naissent chez des petits gens, de grandes envies.

La couverture de La danse des moustiques, le nouveau livre d’Adonis Megnizoun paru aux éditions Demi-lune.

Culture & Passions : D’où t’es venue l’idée d’écrire un livre ?

Adonis : L’idée m’est venue très très tôt. Enfant, je n’avais qu’une obsession : celle de devenir un artiste et un grand artiste ! Et pour moi, ça devait passer par l’écriture et la musique. C’était complètement nul ce que j’écrivais à l’époque, mais l’envie et la flamme étaient déjà là.

Ce livre raconte l’histoire d’Apollon Boza, fils de Geneviève Boza qui rêve d’intégrer le Grand conservatoire de Paris. Est-ce que c’est inspiré de ton propre vécu ?

Oui, malheureusement ou heureusement d’ailleurs ! (Rires). C’est aussi pour ça que ce livre est plus un récit qu’un roman. C’est la promesse d’un jeune homme qui veut venger un peu la pauvreté de sa famille. Il faut s’imaginer que le récit prend sa source dans un petit village au Bénin dont je suis originaire. Je me souviens que Paris faisait rêver quand j’étais jeune.

Pourquoi ce titre « La danse des moustiques » ?

Je cherchais un titre original. Je suis passé par plein de titres différents et à un moment donné, le mot « danse » m’est apparu comme une évidence. La musique est un élément central du livre, notamment l’envie de briller en tant qu’artiste. Et pour « les moustiques », ça renvoie au fait qu’on a traité la famille du personnage principal de « moustique » ! J’aime beaucoup la métaphore du fait que le moustique est à la fois fragile mais il pique en même temps. J’aime bien cette fantaisie.

Ce personnage d’Apollon Boza, comment le décrirais-tu ?

Apollon; je dirais qu’il est issu d’une famille modeste et en même temps, c’est une famille qui a toujours rêvé grand parce que la grandeur est un échappatoire de cette famille. Chaque fois que cette famille se retrouvait confrontée à son quotidien difficile, que ce soit la pauvreté ou des situations humiliantes, elle se réfugiait et se disait qu’elle allait prendre sa revanche et devenir encore plus forte. Et Apollon est un peu le fruit de cette histoire là. Il prend le relais de ses parents en disant : ‘Je vais devenir un artiste tellement reconnu que, ceux qui se moquaient de moi vont voir.’

Avais-tu cette même détermination quand tu es arrivé à Paris ?

Ce n’était pas une détermination réfléchie. C’était plus de la passion que de la détermination.

Es-tu venu pour les études ou pour lancer ta carrière ?

Plus pour ma carrière. Les études étaient le prétexte pour venir à Paris. J’ai dû faire des études pour avoir le visa. Mais dans ma tête, c’était la musique et l’écriture.

Tu as présenté le livre à la librairie des Temps Modernes à Orléans. Qu’est-ce que les gens en ont pensé ?

C’était ma première séance de dédicace pour un livre. Ce qui est troublant c’est qu’il y avait des gens qui l’avaient lu avant la sortie officielle. Il y a même des gens qui lisent mon livre au Bénin ! C’était un moment intense. Je suis sorti de la séance à la fois très content et épuisé émotionnellement.

Comptes-tu organiser une séance du même genre à Paris ?

Oui. Je n’ai pas beaucoup avancé là-dessus malheureusement. Je vais laisser passer le temps, d’autant plus que je vais être en résidence bientôt à Astaffort. Je compte aussi sortir un single prochainement. Il fera partie de mon nouvel EP qui paraîtra à la rentrée. J’en profiterai pour faire une lecture musicale à Paris.

Image en une : Solo Palma Photo Studio.

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