Menni Jab entre rap sensible et conscience écologique dans « Pas la fin du monde »

Ancien ingénieur dans les énergies renouvelables devenu artiste à plein temps, Menni Jab trace un parcours singulier à la croisée du rap, de la pop rétro et des sonorités électro. Originaire de Bordeaux, il signe avec Pas la fin du monde un EP engagé où se mêlent préoccupations environnementales, luttes sociales et santé mentale, portées par une écriture directe et lucide. Entre indignation et espoir, Menni Jab affirme une voix sensible qui refuse le fatalisme et choisit la solidarité comme horizon. Rencontre.

La pochette de Pas la fin du monde, le dernier EP de Menni Jab sorti le 6 février 2026. Photos : Edouxhard et Glus.

Culture & Passions : Tu étais ingénieur dans les énergies renouvelables, tu es diplômé de l’Ecole polytechnique de Bordeaux. Pourquoi as-tu décidé de te consacrer à la musique ?

Menni Jab : En fait, j’ai toujours fait de la musique à côté de mes études et de mon métier. Je faisais des concerts, j’ai commencé à écrire des morceaux, à faire des clips… Et plus ça avançait, plus je me suis rendu compte que je voulais aller plus loin. J’aspirais à faire des concerts dans des plus grandes salles. Et au bout d’un moment, je me suis rendu compte que mon métier d’ingénieur me prenait de plus en plus de temps et le métier de chanteur également. Du coup, comme c’était difficile de concilier les deux, j’ai fait le choix très rapidement de quitter mon métier d’ingénieur pour me consacrer à 100% à la musique.

Est-ce que le fait que ta sœur, Silly Boy Blue, soit artiste, ça a également joué ?

Oui, beaucoup. D’autant plus qu’elle et moi ne venons pas d’une famille d’artistes. Et je pense que, s’il n’y avait pas eu l’exemple de ma soeur qui joue dans des groupes depuis l’âge de 15 ans, je ne me serais peut-être pas lancé aussi. C’est ça qui a débloqué quelque chose chez moi. Je me suis dit que, si elle l’a fait, moi aussi je peux tenter ma chance.

Tu as sorti ton deuxième EP intitulé Pas la fin du monde, pourquoi ce titre ?

C’est un titre qui est venu assez tard. J’avais déjà écrit la moitié de l’EP. A travers ce titre, j’ai voulu dire avec un petit peu d’ironie que, tant qu’on est beaucoup à s’indigner, à se révolter, ce ne sera jamais la fin du monde. Dans cet EP, j’avais envie de parler de sujets que je trouve très graves comme l’environnement, les luttes sociales, la santé mentale aussi. Mais en même temps, j’avais envie de dire de continuer à y croire, battons nous, parce qu’on peut aspirer à un avenir meilleur qu’on créera tous ensemble. D’où le titre de l’EP.

Comment s’est passée la collaboration avec la chanteuse Yadē sur le titre Grand Magasin.

Yadē est une artiste bordelaise qui est une très bonne amie à moi. A la base, c’était un morceau que j’avais écrit sans elle. Et en faisant les derniers mix de l’EP, j’ai remarqué qu’il manquait quelque chose sur les refrains. J’avais ajouté un sample de voix féminine que j’avais trouvé sur Internet. Et avec le compositeur de ce morceau qui s’appelle Jean-Baptiste Bachelot, on s’est dit que les voix, ça apportait vraiment un truc. C’est à ce moment-là que j’ai pensé à Yadē parce qu’elle a une super voix. Aujourd’hui, c’est l’un des morceaux préférés des gens. Quand on l’a chanté sur scène à Bordeaux, Yadē et moi, on passe toujours un très bon moment.

Comment a été accueilli le projet jusqu’à présent ?

J’ai eu de très très bons retours. C’est un projet sur lequel j’avais travaillé pendant plus d’un an. C’est aussi la première fois que je sors un projet aussi engagé où je parle de sujets assez délicats. C’est dur de trouver les bons mots pour parler de sujets graves. Je commençais même à douter de mes propres morceaux en me demandant si c’était pertinent, si l’arrangement était bon etc. Et maintenant que le projet est sorti, je ne peux plus y toucher. Il est dans les oreilles de mon public. Je me dis que j’ai bien fait de batailler pendant un an pour aboutir à ce projet-là.

Tu t’es produit récemment au FGO Barbara à Paris. Connaissais-tu cette salle ?

Oui, j’y avais fait un co-plateau il y a à peu près un an et demi. Lorsqu’on est un artiste basé en dehors de Paris comme c’est mon cas, ce n’est pas toujours facile de venir jouer à Paris et c’est hyper important. Il y a des pros qui sont à Paris et qui ne se déplacent pas forcément à Bordeaux pour voir un petit artiste émergent. Puis le FGO Barbara, c’est une salle que je trouve géniale. J’ai passé un super moment quand je suis venu jouer ici. Je n’étais pas déçu.

Quelles sont les autres salles parisiennes que tu aimerais faire ?

En tant qu’artiste émergent, j’aimerais bien faire la Boule Noire mais j’aimerais la faire pour que ça soit complet, pas juste pour dire : ‘Coucou, j’ai fait la Boule Noire’. Ensuite, j’aimerais bien faire le Trianon, la Cigale, ça me ferait vraiment rêver. Évidemment, je rêve aussi d’avoir mon nom inscrit sur l’Olympia. Je pense qu’après ça, je peux être tranquille !

Image en une : Edouxhard.

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