Révélée sur scène en 2023 et forte d’un premier EP remarqué, Yadē poursuit son ascension avec Hypocondrie, un titre introspectif qui annonce un nouveau chapitre centré sur le rapport au corps et à la santé mentale. Rencontre avec une artiste en pleine affirmation.


C’est en plein cœur de l’hôtel Concortel dans le 8e arrondissement de Paris que Culture & Passions rencontre la chanteuse Yadē en ce vendredi de février. Fraîchement arrivée de Bordeaux dont elle est originaire, vêtue d’un gilet rouge assorti avec la couleur de son rouge à lèvres, la jeune artiste, accompagnée de l’équipe de son label Belle Marianne, est prête à enchaîner une session d’interviews. Décontractée, c’est avec nous qu’elle accorde son premier entretien de la journée.
Derrière son sourire discret et sa parole mesurée se cache pourtant un parcours déjà riche d’expériences et d’introspection. La musique, Yadē l’a rencontrée très tôt, bien avant d’envisager d’en faire un projet artistique à part entière. Enfant, elle se forme à la comédie musicale et s’initie même à l’opéra. Mais ce n’est que bien plus tard, presque par hasard, que la musique prendre une place centrale dans sa vie. Au printemps 2020, lors du confinement, elle commence à partager des vidéos musicales sur les réseaux sociaux. Une période charnière qui lui permet de rencontrer le musicien Julien Pierre, avec qui elle entame une collaboration artistique décisive. Ensemble, ils commencent par interpréter des reprises, puis à composer leurs propres morceaux. Peu à peu, le projet Yadē prend forme, d’abord sur scène, avant de se professionnaliser véritablement en 2023.
Des prix et un premier EP éponyme pour Yadē
Cette même année marque un tournant. Les premiers concerts s’enchaînent et les récompenses viennent confirmer l’émergence de la jeune artiste. Elle remporte notamment le Tremplin des 2 Rives ainsi que le prix Noa Pop, avant de participer aux auditions du Printemps de Bourges, avec une demi-finale organisée à la Rock School Barbey de Bordeaux. Pour Hugo Martins, manager de l’artiste et responsable du label Belle Marianne, cette dynamique s’est rapidement imposée comme une évidence : « Il y a eu les premiers concerts fin 2023, puis plusieurs distinctions qui ont accompagné l’essor du projet. Tout cela a naturellement mené à la sortie du premier EP. » Un disque éponyme dévoilé en mars 2024, qui pose les bases de l’univers artistique de Yadē. « Quand je le réécoute aujourd’hui, j’en suis toujours aussi fière », confie la chanteuse. Un projet profondément personnel, dans lequel elle aborde des thèmes qui lui sont intimement liés.
Briser le tabou sur le rapport au corps et la santé mentale
Cette sincérité se retrouve également dans son titre, Hypocondrie, sorti le 12 février 2026. Dans cette chanson, Yadē aborde sans détour un trouble anxieux qui l’accompagne depuis plusieurs années. Un sujet sensible qu’elle hésitait d’abord à exposer publiquement. « Ce n’est pas un thème que je comptais aborder au départ », explique-t-elle. Finalement, la chanteuse choisit de mettre des mots et des mélodies sur cette réalité intime. Ainsi, depuis sa sortie, Hypocondrie suscite de nombreuses réactions de la part du public. « Beaucoup de gens se reconnaissent dans cette chanson », souligne Yadē, soulagée de constater que cette vulnérabilité partagée crée un véritable lien avec ses auditeurs.
Car derrière ce projet musical se dessine aussi une réflexion plus large sur le rapport au corps et à la santé mentale, thèmes centraux du futur EP que l’artiste espère dévoiler à l’automne 2026. Entre confidences personnelles et regard porté sur les autres, Yadē construit peu à peu un univers où la fragilité devient matière artistique. « Je parle de ma propre expérience, mais je me mets aussi à la place d’autres personnes », explique-t-elle. Une démarche d’autant plus sincère que la chanteuse mène en parallèle une autre vocation : celle d’infirmière dans un hôpital psychiatrique. Deux mondes qui se nourrissent mutuellement : « Je suis souvent à l’hôpital et quand je n’y suis pas, je fais de la musique. Tout se mélange et les thèmes viennent naturellement. »
Malgré son quotidien exigeant, la scène reste l’un de ses moteurs. Soutenue par ses collègues, qui l’encouragent à poursuivre son projet artistique, Yadē continue de défendre sa musique en concert. Attachée à ses racines bordelaises, elle rêve de fouler à nouveau les planches de salles emblématiques comme la Rock School Barbey ou le Rocher de Palmer. Mais la jeune artiste n’entend pas s’arrêter là. Après des passages remarqués aux Trois Baudets où à l’Hyper Week-end Festival à Paris, elle ambitionne désormais de faire voyager sa musique au-delà de sa ville d’origine. Et pourquoi pas, un jour, partager un morceau avec le duo Terrenoire, dont elle admire profondément l’univers.
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