Mike Figgis ressuscite « Leaving Las Vegas » au cinéma

Réalisé par Mike Figgis, Leaving Las Vegas demeure l’un des drames les plus marquants des années 1990. Porté par un duo incandescent formé par Nicolas Cage et Elisabeth Shue, ce film culte sur la solitude, l’alcoolisme et l’amour destructeur ressort en salles en 2026. Une œuvre sombre et bouleversante, qui avait valu à Nicolas Cage l’Oscar du meilleur acteur ainsi que le Golden Globe 1996 pour son interprétation de Ben Sanderson. Rencontre avec le réalisateur.

Synopsis : Après avoir été licencié de la société de production où il travaillait, Ben, scénariste alcoolique, part pour Las Vegas avec l’intention de s’y perdre entièrement. Installé dans un hôtel miteux, à proximité des bars ouverts jour et nuit, il rencontre Sera, une prostituée dont il tombe amoureux. Elle choisit de l’héberger et l’accompagne dans sa déchéance, tandis qu’une relation intense et fragile se noue entre eux, au cœur des excès de la ville.

Culture & Passions : Comment est née l’idée du film Leaving Las Vegas ?

Mike Figgis : L’idée est venue lorsque je vivais à Los Angeles. Je travaillais dans le système des studios hollywoodiens et j’étais très malheureux. J’avais réalisé un film intitulé Mr. Jones (1993) qui fut un désastre pour moi. J’étais en dépression.

Et puis un jour, mon ami Stuart, qui tenait une galerie d’art et ne venait pas du milieu du cinéma, a trouvé le livre Leaving Las Vegas de John O’Brien dans une librairie de Santa Monica. Il a adoré le livre et me l’a donné. Je me suis dit qu’il fallait que je lise ce livre. Et donc j’ai commencé à le lire et je me suis dit : ‘Waouh, il est vraiment bien ! C’est une histoire d’amour très sombre.’ Du coup, je me suis dit que je voulais bien réaliser un film mais avec un budget réduit. Il fallait une petite caméra, pas beaucoup de monde.

L’alcool est très présent dans le film. Avez-vous eu des excès ?

Non. Mais j’ai eu affaire à des alcooliques par le passé. J’ai essayé la drogue lorsque j’étais très jeune. Et puis j’ai eu de mauvaises expériences, alors je suis resté sobre. Je ne buvais pas beaucoup. Juste un verre de vin mais pas excessivement.

Mais j’avais aussi de la compassion pour les alcooliques. Je comprenais leurs problèmes. Et quand on a des problèmes, c’est un drame. Et le drame, c’est bon pour le cinéma. Je savais que ce serait très intense.

Comment avez-vous convaincu Nicolas Cage d’endosser le rôle de Ben ?

C’est plutôt lui qui m’a convaincu. Il a lu le scénario et m’a dit : ‘S’il te plaît, ne le donne à personne d’autre.’ Du coup, je ne l’ai jamais montré à personne d’autre. Quand j’ai rencontré Elisabeth [Shue], je lui ai dit : ‘Je veux que tu joues ce personnage’. On n’a pas fait de casting.

Le film est sorti aux Etats-Unis en 1995. A quoi aurait-il ressemblé s’il avait été tourné en 2026 ?

Je pense que ce serait toujours un film indépendant à petit budget. Mais il constituerait une grosse prise de risque car vous pourriez perdre tout votre argent.

Seriez-vous prêt à refaire un film du même genre aujourd’hui ?

Oui, absolument. Je ne recommencerai pour rien au monde !

Mike Figgis, réalisateur de Leaving Las Vegas lors de sa venue à Paris en avril 2026. Photo : Kevin Sonsa-Kini.

Leaving Las Vegas, un film de Mike Figgis, Etats-Unis, 1995, ressorti en salles le 20 mai 2026. Avec Nicolas Cage (Ben Sanderson), Elisabeth Shue (Sera). Fiction, 1h51, Dulac Distribution.

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