Entre mémoire, guerre et reconstruction, Chrysalis plonge dans l’enfance bouleversée de l’artiste vietnamo-américain Daniel K. Winn dans le Saïgon des années 70. Présenté au Festival de Cannes 2026, ce premier long-métrage de Jordan Robert Schulz explore les blessures du passé à travers une relation profondément émouvante entre un enfant abandonné et sa grand-mère Ba Noi. Culture & Passions s’est entretenu avec Kieu Chinh, qui incarne cette figure maternelle et protectrice au cœur du film.



Synopsis : L’artiste vietnamo-américain Daniel Winn est entièrement absorbé par son travail. Son atelier est rempli de sculptures et de peintures immaculées. Alors qu’il martèle violemment une mystérieuse pomme de métal, des souvenirs obsédant le plongent dans ses pensées. La pomme, symbole de fragilité de son passé non résolu, se transforme sous ses yeux, nous ramenant au Saigon de 1972.
Daniel, six ans, surnommé Cu Den, est un enfant intelligent et débrouillard qui évolue dans un monde façonné par les guerres et les épreuves personnelles. Sa mère, qui travaille dans une maison close, est distante, et son nouveau mari ne lui apporte ni amour, ni soutien. Après avoir été abandonné par sa mère, Cu Den vit avec sa grand-mère, Ba Noi. Malgré sa situation difficile, il s’épanouit dans les petits moments. Son monde bascule à nouveau lorsque sa grand-mère l’envoie dans un orphelinat difficile. La transition est brutale. Cu Den peine à trouver sa place.
Cependant, grâce aux soins constants de Ba Noi, et à des retrouvailles bouleversantes avec son père, il commence à guérir. La Chrysalide devient un témoin silencieux de son voyage, s’insérant entre des scènes de beauté et de destruction, culminant dans le moment déchirant où les explosions de la guerre interrompt son nouveau foyer et le forçant à quitter tout ce qui lui est cher. Aujourd’hui, grâce à l’art, Daniel trouve un moyen de réconcilier les fractures de son passé, prouvant ainsi que la création peut transcender la destruction de la guerre, la pente et l’abandon.
Culture & Passions : Comment avez-vous été approchée pour participer au film ?
Kieu Chinh : C’est arrivé naturellement. Dès le début du scénario de Chrysalis, Sir Daniel K. Winn et le producteur exécutif Randall J. Slavin pensaient déjà à moi pour le rôle de
Ba Noi.
Comment décririez-vous la relation entre Ba Noi et son petit-fils Daniel ?
Ba Noi et son petit-fils Daniel sont très proches. Elle l’élève et l’aime inconditionnellement. Leur relation est empreinte d’une grande affection et d’une profonde tendresse. Ba Noi était aussi dévastée par la situation difficile qu’il traversait.
Pourquoi la grand-mère décide d’envoyer Daniel dans un orphelinat catholique ?
Elle n’avait pas les moyens de s’occuper de lui, de le nourrir quotidiennement et de lui assurer une éducation. Elle n’eut donc d’autres choix que de le placer, à contrecœur, dans un orphelinat catholique. Elle pensait qu’il y aurait une meilleure alimentation et une éducation pour l’avenir.
Comment se passent les retrouvailles entre Ba Noi et le père de Daniel que l’on croyait mort ?
C’était un moment incroyable. Imaginez une mère qui a perdu son fils à cause de la guerre, le croyant mort. Et le voilà revenu vivant. C’était un moment émouvant, une scène incroyable. Il faut voir le film pour saisir toute la beauté de cet instant, l’amour entre une mère et son fils.
Chrysalis, un film de Jordan Robert Schulz, avec Kieu Chinh (Ba Noi), Nguyen Vu Uy Nhan (Daniel enfant), Daniel K. Winn (Daniel adulte), Le Anh Huy (Daniel jeune adulte). Drame, 2h03, Vietnam, Etats-Unis, WS Productions.
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