Supernormal est le projet de l’artiste toulousain Arthur Farre : une musique électro-pop influencée par Justice, Parcels et les Beatles qui rencontre une écriture en français, sensible et engagée. À travers Nulvi, son premier EP enregistré chez Nuance Records, Supernormal interroge les paradoxes de notre époque — urgence climatique, dérives technologiques et perte du lien social — tout en rendant hommage à ses racines sardes. Un projet à la fois intime, moderne et profondément tourné vers les transformations du monde contemporain. Rencontre.

Culture & Passions : Quel effet ça te fait de dévoiler ton premier EP ?
Supernormal : Je suis hyper heureux parce que ça faisait un moment que je travaillais là-dessus. Cet EP, c’est aussi un hommage à mes racines sardes et un vrai questionnement sur les dérives climatiques, sociales et technologiques actuelles.
Que t’inspire ce titre « Nulvi » ?
Nulvi est le nom d’un village sarde du Nord de la Sardaigne. C’est le village d’origine de mon père. J’ai voulu rendre hommage à ce village au travers de l’EP parce que cet endroit est rempli de paradoxes. Il est à la fois en avance parce que, dès les années 2000, la Sardaigne s’est dotée de parcs éoliens assez importants pour aller vers les énergies renouvelables. Et en même temps, c’est un village assez pauvre, ancré dans les traditions.
Quels sont les sujets que tu voulais mettre en lumière à travers les cinq titres de l’EP ?
Les sujets sont un peu tous reliés à la même thématique. J’évoque le paradoxe de notre société actuelle : on invente des technologies incroyables mais on s’en rend compte des problèmes que ça pose. On n’a jamais été aussi connectés mais en même temps, on a perdu beaucoup de lien social. Et puis il y a cette dérive climatique qui existe, qui se rapproche et qui est assez impressionnante. Par exemple, dans 2050 sur le sable, je m’interroge sur ce que sera le climat en 2050. Faut-il agir tout de suite ? Ensuite dans Amitiés contraires, je parle de cette dérive un peu sociale qui voudrait qu’on uniformise la pensée alors que c’est la différence qui va permettre de créer des sociétés robustes.
L’un des titres à avoir été dévoilé en clip est 2050 sur le sable. Comment a-t-il été conçu ?
Avec mon équipe, on voulait un clip qui soit tourné sur le sable et qui témoigne de cette transformation potentielle de la terre et du climat. Il fallait qu’il y ait du sable, un peu d’herbe et d’autres éléments qui montrent un peu la sécheresse. C’est une chanson de prévention.
Prévois-tu un concert de sortie d’album ?
J’ai eu l’occasion de travailler le live en session studio et en répétitions. Je songe à présenter l’EP en septembre dans des salles de concert à Toulouse ou ailleurs.
Y’a-t-il une ou plusieurs salles de concert parisiennes que tu aimerais faire à Paris ?
J’ai eu l’occasion à travers des groupes ou des tremplins de jouer dans des salles assez chouettes comme le New Morning, le Bataclan ou le Bus Palladium. Je suis hyper sensible à tous ces lieux et j’aimerais bien y faire une première partie.
Image en une : Rémy Sirieix.
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