Bliss My Heart X Cliff Estatof invite Frank Ferrer dans « Love Lies »

Après le succès de Sugar Kapel, salué par la critique en début d’année, le duo Bliss My Heart X Cliff Estatof poursuit son ascension avec Love Lies, un nouveau single aux accents post-punk qui explore les mécanismes des relations toxiques. Porté par la participation exceptionnelle de Frank Ferrer, batteur de Guns N’ Roses, ce titre marque une nouvelle étape pour les deux artistes, qui reprendront la route dès le 24 octobre au Zénith de Saint-Étienne avant de clôturer leur tournée le 30 janvier 2027 à La Seine Musicale de Paris, en première partie de The Depeche Mode Experience. Culture & Passions a rencontré Bliss My Heart et Cliff Estatof pour évoquer cette nouvelle aventure musicale, leurs influences et leur complicité artistique.

Culture & Passions : Vous revenez avec un nouveau single intitulé Love Lies. De quoi ça parle ?

Cliff Estatof : C’est un titre qui traite de la relation toxique que l’on peut avoir avec les gens.

Bliss My Heart : C’est Cliff qui est à l’origine du titre et des paroles. On les a retravaillés un peu ensemble. C’est le même processus à chaque fois. Mais c’est vrai que c’est Cliff qui a amené la plus grosse partie avec son texte, son thème et la musique.

Avez-vous déjà vécu des relations toxiques ?

Bliss My Heart : Oui, ça fait partie de la vie. Mais le principal, c’est de s’en débarrasser. Je m’en suis moi-même débarrassée et tout va mieux.

Cliff Estatof : Moi même, j’ai connu des relations toxiques. Au début, les gens viennent te voir, ils te flattent, tout va bien. Puis, le deuxième jour, ils te balancent des vannes gentilles et le troisième jour, tu es un gros nul. C’est le type de relations que tout le monde peut avoir. Cette chanson parle également du fait qu’on peut tous être la personne toxique de quelqu’un d’autre.

Comment s’est passée la collaboration avec Frank Ferrer ?

Bliss My Heart : Déjà, pour revenir à la genèse de Love Lies, Cliff m’a envoyé la démo il y a à peu près un an. Et, dès que j’ai entendu la démo, je me suis dit : ‘Ah ! Mais c’est hyper fédérateur, ça envoie, ça colle, le truc est vachement bien, il faut qu’on sorte la chanson’. Et donc, on a travaillé un peu comme ça. Dans le même temps, on avait sorti le titre Sinner Sinner, on faisait pas mal de promos, donc on avançait un petit peu au gré du vent.

Puis à la rentrée, on s’est dit : ‘Bon, il faut qu’on travaille davantage dessus’. Et à l’automne, j’ai proposé à Cliff qu’on contacte Frank Ferrer parce qu’on est hyper fans de son jeu, de son groove et de son attitude. C’est un gars qui envoie, il a joué du hard rock avec les Guns et de la new wave avec les Psychedelic Furs. Je lui ai envoyé un message et il a répondu tout de suite. Durant l’hiver, on a fait une vidéo. Dans le même temps, on avait signé chez Cleopatra Records et il s’avère que les équipes connaissaient Frank Ferrer. Il a enregistré des drums à Los Angeles, il nous les a envoyés. Cliff les a bien mixés, masterisés, puis ça a donné ce résultat. La vie faisant bien les choses, Frank Ferrer était en Europe avec son groupe au printemps. Il est venu à Paris pour tourner le clip de Love Lies.

Cliff Estatof : Je me souviens que la première fois que j’ai entendu le drums de Frank Ferrer, c’était dans la chanson du groupe Love Spit Love qui s’appelle How Soon Is Now ?. C’est le générique de la série Charmed. J’ai adoré cette reprise. J’aimais déjà la version originale chantée par The Smiths. Quand Jen m’a proposé Frank Ferrer, je l’avais déjà vu en concert, je savais comment il frappait et le groove qu’il pouvait mettre. Ça ne pouvait donc être que lui le batteur de Love Lies, on ne pouvait pas avoir quelqu’un d’autre.

Bliss My Heart : On a essayé de trouver des idées, puis au final, on a réussi à gérer les choses. On l’a fait venir à Paris pour une journée. On s’est rendu au Studio Luna Rossa de Paris. On avait préparé avec Cliff et Camille Estatof en amont parce que ce sont eux qui ont réalisé et dirigé le clip. Tout s’est aligné et c’est allé super vite. On a tout filmé et, en trois heures, c’était plié. De plus, sur chaque projet que l’on fait avec Cliff, on donne tout ce qu’on a. Et pour Love Lies, on s’était dit que, si on avait l’opportunité de faire venir Frank Ferrer à Paris, il fallait qu’on le fasse à fond. Il fallait qu’on ait un visuel, qu’on ait tout. Donc, on a tout fait pour et nous sommes assez contents du résultat. C’était une très belle rencontre aussi.

Quels sont les retours sur le single et le clip ?

Cliff Estatof : D’après ce que je vois, tout le monde trouve qu’il y a une cohérence dans ce qu’on fait, même si ce morceau est un poil plus sombre et plus rock.

Bliss My Heart : On a reçu quand même pas mal de commentaires positifs. Ça prouve quand même que le titre plaît et qu’il a du potentiel. Autant Sugar Kapel était plus orienté new wave, autant Love Lies sonne plus post-punk.

Vous avez eu l’occasion de jouer sur scène cette année où vous étiez au Dôme de Paris et au Silo à Marseille, quelles sont vos impressions ?

Bliss My Heart : Je me souviens qu’il y a un an, je disais que la scène me faisait trop stresser, je ne me sentais pas capable d’y aller. Mais le Dôme de Paris, c’est une opportunité qui ne se refuse pas. C’est un cadeau de la vie. Nous étions quatre en tout, avec Kevin qui était à la guitare et Mike, le frère de Cliff, qui était à la batterie. On a travaillé dur à distance. Il fallait trouver une chorégraphie, une présence sur scène. Je suis même partie trois jours chez Cliff et Mike pour répéter. Ayant une confiance aveugle en Cliff et les garçons, je savais que ça allait le faire. On a répété tous les quatre ensemble la veille du concert, et en arrivant au Dôme de Paris, j’étais stressée pendant deux heures.

Quand nous sommes montés sur scène, Cliff et moi nous sommes regardés, et je lui ai dit : ‘Cliff, je suis désolée’ et il m’a dit : ‘Non, je te remercie de m’avoir embarqué dans cette aventure’. Puis voilà, le concert s’est parfaitement déroulé, au bout du premier titre, les gens ont applaudi et on a senti que c’était sincère. À la fin, ils se sont tous levés. Que ce soit à Marseille ou à Paris, on a eu la même réaction. C’était un tel cadeau de partager ça tous les quatre, franchement, c’était magique.

Cliff Estatof : Puis aussi, il y avait le fait que Jen était moins habituée à la scène, contrairement à moi. De plus, je n’avais pas travaillé mes morceaux en pensant au live. J’avais plus travaillé ça comme un projet. J’avais vraiment ce côté technique qui me faisait peur, et quand on est allés sur scène et qu’on a fait les balances, j’ai vu que ça roulait. On a aussi eu une équipe technique formidable.

Bliss My Heart : Ils ont fait un super boulot, d’autant plus que c’était notre premier concert ensemble dans cette configuration-là avec des samples pour alimenter toute la partie production musicale que Cliff a gérée lui-même. C’était un gros challenge pour nous, et au final, on l’a fait et ça a plu. On a hâte de recommencer.

Cliff Estatof : J’ai un peu appréhendé les retours du public parce que nous-mêmes ne sommes pas assez connus du grand public. Et au final, le nombre de gens qui sont venus nous voir, c’était hallucinant. Certaines personnes, qui avaient vécu les années 80, m’ont dit : ‘Vous m’avez fait retomber dans ma jeunesse’. Et aussi, le fait de voir des vidéos amateurs sur Internet m’a beaucoup touché.

Comment définiriez-vous votre collaboration ?

Bliss My Heart : Nous sommes déjà amis à la base et nous avons aussi les mêmes influences, les mêmes codes. On aime à peu près les mêmes choses. J’ai un vrai plaisir à travailler, et je trouve que ce n’est même pas du travail. On se fait confiance l’un à l’autre et tout est très simple. Aussi, nos rôles sont très organisés dans notre duo et notre façon de faire. Lui s’occupe surtout de la production musicale, du visuel et de la réalisation, tandis que moi, je suis plus dans la relation presse, le booking, le management, etc. Puis, entre nous, c’est du 50/50 sur la composition et l’écriture.

Cliff Estatof : Après là, tu te sous-estimes un peu parce que, que ce soit Suffer Well, Sinner Sinner et Suffer Well, ce sont tes propres morceaux à la base…

Bliss My Heart : Oui, mais il y a quand même un vrai travail parce que tu les mixes et tu les produis derrière.

Cliff Estatof : Il y a aussi une chose qu’on a en commun, elle et moi : c’est l’amour qu’on a pour la musique des années 80 et 90. Je peux citer des groupes comme Nirvana, Oasis, Guns N’ Roses ou encore les Sex Pistols, en passant par Billy Idol. Quand on a démarré notre collaboration, on voulait partir sur quelque chose qui sonne très années 80, mais avec une touche plus moderne et plus électro.

Bliss My Heart : En tout cas, sur la majorité des choses, on est rapidement d’accord.

Travaillez-vous déjà sur d’autres titres ?

Bliss My Heart : On se focalise surtout sur la promotion de Love Lies. Mais à côté de ça, on a aussi plein de projets en tête.

Cliff Estatof : J’ai déjà préparé plein de morceaux. Je travaille aussi sur de vieilles démos que Jen a enregistrées il y a environ vingt ans.

Bliss My Heart : Oui, vingt ans, ça remonte ! (Rires). C’est vrai que Cliff m’a aussi donné beaucoup de conseils car à la base, je ne suis pas chanteuse.

Cliff Estatof : En tout cas, nous avons pas mal de morceaux déjà en cours. On avance petit à petit.

Photo en une : Camille Estatof.

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