Avec De l’autre côté, Yanamko, jeune rappeur originaire de l’Ariège, franchit une nouvelle étape de son parcours artistique. Pensé comme le récit des cinq dernières années, ce projet retrace son évolution, d’une pratique encore en développement à une carrière professionnelle. Après avoir participé à la saison 5 de Nouvelle École sur Netflix, Yanamko s’apprête à enflammer la scène de la Boule Noire à Paris le 20 décembre prochain. Avant ce grand rendez-vous, le rappeur s’est confié à Culture & Passions.

Culture & Passions : Comment le projet a-t-il vu le jour ?
Yanamko : Il a vu le jour lorsque j’étais encore de l’autre côté, c’est-à-dire le côté non professionnel de la musique, qui est purement du développement. C’est après la mixtape que j’ai sortie qu’on s’est dit qu’il fallait se diriger vers un album concret. Si je ne sortais pas d’album, je n’aurais pas eu d’autre occasion de pouvoir exposer une telle vitrine. C’est comme lorsque tu vas dans un magasin et que tu cherches les meilleurs articles.
Que t’inspire ce titre « De l’autre côté » ?
Quand je parle de « l’autre côté », je parle vraiment du fait que, quand tu n’es pas professionnel, tu apprends à l’être. Et pour passer de l’autre côté, tu dois passer par un chemin avant tout. C’est ce qui résume entièrement le titre de mon projet. C’est ce chemin qui a été traversé pour pouvoir passer du côté non professionnel à une carrière qui commence et qu’il va falloir entretenir comme il faut.
Quels sont les thèmes ou les sujets que tu voulais explorer à travers les titres du projet ?
Je ne dirais pas forcément qu’il y a un thème à part entière. C’est surtout une recherche d’émotion. Avec mon équipe, on voulait aller chercher la capacité à 100% de chaque son, chaque prod. C’est vraiment une narration sur ce qui s’est passé ces cinq dernières années. Je voulais transmettre le plus d’émotion possible.
Comment définirais-tu ton style de rap ?
Mon style de rap est introspectif, mélancolique et joyeux à la fois. C’est quelque chose d’intergénérationnel qu’on peut écouter à tout âge, vis-à-vis de mon timbre de voix, mais aussi des paroles que je vais employer. C’est tout bête, mais j’ai appris à être un peu plus mature cette année, à la fois dans ma façon de dire les choses et dans mes textes. Déjà parce que dans la vie tout court, je ne m’exprime pas forcément bien tout le temps. Mais aussi parce que c’est important pour moi qu’on comprenne à 100 % ce que je dis. Si je te raconte que j’ai mal vécu quelque chose, tu as l’impression de mal le vivre avec moi. Si tu as l’impression que je vais te raconter quelque chose de joyeux, il faut que tu aies l’impression que ce soit joyeux pour toi aussi.
Comment ce projet a-t-il été reçu ?
Je suis vraiment content parce que je ne m’attendais pas à ce que ça fasse autant de bruit. Je pense que le morceau qui porte le plus le projet, alors qu’en soi ce n’est pas vraiment un titre qui se rapproche de l’intention globale du projet est Ce soir, qui fait plus de 500 000 streams. Je n’ai jamais fait autant sur un son. Je ne pensais pas que ça allait être le son de l’album qui allait le plus marcher. Ça me permet aussi de savoir ce que les gens aiment de moi.
Peux-tu dire quelques mots sur ta participation à la saison 5 de Nouvelle École sur Netflix ?
Ça a été un gros risque à prendre, parce qu’il faut avoir du cran et de la passion. Là-bas, j’ai rencontré beaucoup de personnes passionnées, que ce soit parmi les artistes, la régie, les casteurs ou même les jurés. Dans mon cas, c’était un gros risque parce que je ne suis pas du tout issu du milieu urbain de base. C’était aussi du courage parce qu’il faut avoir le cran de se dire : « Tu vas écrire un son et c’est celui que tu vas proposer, rien d’autre ». C’est comme ça que je voyais les choses pendant le tournage.
As-tu hâte de te produire à la Boule Noire le 20 décembre prochain ?
Oui. Il va y avoir une vraie ambiance, ça va être le bordel ! J’espère que les gens, à la fin, n’auront plus de voix ! (Rires).
Tu prépares aussi une live session ?
Exactement, on a une live session qui devrait sortir dans pas très, très longtemps. C’est important pour moi de bien défendre mon projet avant de proposer une session acoustique. Je pense que c’est bien que les gens découvrent tout le projet avant de voir ce qu’on a à leur proposer pour la suite.
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