Nicolas Dozol explore la fin de l’insouciance dans « Dernière Soirée »

Avec Dernière Soirée, le réalisateur Nicolas Dozol signe un premier long métrage sensible et générationnel, au croisement du récit intime et du portrait collectif. À travers une nuit charnière, le film capte les doutes, les élans et les fragilités d’une jeunesse en quête de sens, entre fin d’insouciance et vertige de l’avenir. Rencontre avec un cinéaste qui saisit, avec justesse, l’énergie et les incertitudes d’un moment de bascule.

L’affiche du film Dernière Soirée de Nicolas Dozol en salles depuis le 18 mars 2026.

Synopsis : Lors d’une soirée de fin d’études, Angela, Alexander, Lily et Ethan, quatre adolescents en pleine crise existentielle, sont face à leur mal-être. C’est lorsqu’ils se retrouvent tous les quatre enfermés, qu’ils se demandent s’il ne s’agirait pas de leur dernière soirée.

Culture & Passions : Comment est née l’idée de Dernière Soirée ?

Nicolas Dozol : Lorsque j’étais étudiant à l’école de cinéma CLCF à Paris, je faisais un stage à la télévision suisse RTS. Je travaillais notamment pour une émission qui s’appelait Toutes taxes comprises et portait sur la vulgarisation économique. Durant ce stage, j’étais amené à travailler sur un reportage autour des enfants issus des milieux défavorisés qui publiaient des posts Instagram où ils montraient leur richesse. Suite à cela, j’ai eu l’idée de me dire qu’est-ce que ça ferait s’il y avait quatre personnes qui étaient enfermées à l’intérieur d’une pièce. Comment évolueraient-ils ? Quelles seraient leurs actions ? Du coup, j’ai présenté le projet à différents scénaristes.

Ce film met en scène quatre personnages en pleine crise existentielle : Angela, Lily, Alexander et Ethan. Comment les définiriez-vous ?

Ce sont quatre adolescents qui arrivent brutalement dans la vie de jeune adulte. Ce sont des ados assez déchirés par des expériences qu’ils ont vécues. Cette pression sociale qu’il y a autour d’eux fait qu’ils n’arrivent pas à évoluer et à s’épanouir.

Avez-vous des souvenirs de vos soirées de fin d’études qui vous ont inspirés pour la réalisation du film.

Oui, complètement. On y retrouve une sorte d’euphorie que j’ai vécu moi-même. Lorsque j’étais en école de danse par exemple, on nous demandait de nous surpasser. Quand on arrive à cette limite, il y a cette euphorie qui fait qu’on a atteint, qui fait qu’on est heureux et qu’on ne peut pas redescendre. Ce sont des choses que j’ai essayé de transmettre à travers ce film. On doit essayer de se manger des murs pour avancer.

Le film réunit quatre comédiens : Lucie Cecchi dans le rôle d’Angela, Rémi Gérard dans le rôle d’Alexander, Uma Condolo joue Lily tandis que Teddy Hardy incarne Ethan. Comment ont-ils été choisis ?

Concernant, Teddy Hardy et Rémi Gérard, j’avais déjà travaillé avec eux sur d’autres projets, notamment mon film de fin d’études avec le CLCF qui s’appelle Le voyeuriste. Pour Lucie Cecchi, c’est une ancienne collègue de travail lorsque je travaillais comme ouvreur au Théâtre Marigny à Paris. C’était marrant de la retrouver parce qu’elle correspondait exactement à ce que je recherchais. On a ensuite discuté du rôle. Ensuite j’étais ouvert à découvrir aussi de nouvelles personnes et c’est là que j’ai rencontré Uma Condolo. Avec ma directrice de casting, on lui a demandé de faire une impro par rapport à la situation choisie. Puis, on a travaillé ensuite en préparation pour voir s’il y avait un bel équilibre entre ces quatre acteurs.

Avant sa sortie officielle en France, le film a été présenté dans la section Swiss Films Previews au Festival de Locarno en 2023. Il était également en sélection officielle lors du Chelsea Film Festival à New-York en octobre 2024. Comment a-t-il été accueilli ?

En fait, ça diffère beaucoup au niveau générationnel. Cela dépend vraiment de la sensibilité de chacun et de la culture. En tout cas aux Etats-Unis, avant New-York, on avait eu la première du film à Los-Angeles en février 2024. Ce qui était assez fou pour un petit film indépendant à petit budget. On ne s’y attendait absolument pas. Du coup, le film a été très bien accueilli là-bas, on a eu de super retours. C’était une expérience qui était vue de manière originale. Il y avait un côté borderline qui sortait du lot parce que c’est une expérience qui n’est pas habituelle dans les films distribués, notamment quand on parle de la jeunesse d’aujourd’hui. Je pense que c’est dû au fait qu’avec mon équipe, nous étions de jeunes scénaristes et que le concept était aussi fort que l’histoire.

Travaillez-vous sur d’autres projets ?

Oui, j’étais récemment en mixage de mon nouveau long-métrage qui est en phase terminale de post-production. Il est quasiment terminé. Il s’agit d’un film expérimental surréaliste entre rêves et réalité.

Image en une : Victor-Sainte-Luce

Dernière Soirée, film de Nicolas Dozol, avec Lucie Cecchi, Rémi Gérard, Uma Condolo et Teddy Hardy. Drame. 70 minutes. Production : Lights Rush (Suisse).

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